
Dans les campagnes sénégalaises, l’aube se lève souvent sur des journées longues et intenses pour les femmes rurales. Entre les travaux domestiques, la gestion de la famille, la corvée d’eau, les activités agricoles et, de plus en plus, les initiatives économiques, elles portent une multiplicité de charges qui restent encore largement invisibles.
Selon la présidente des femmes rurales du Sénégal, Madame Adja Diouck Mbaye , les femmes rurales assurent plus de 70 % des travaux agricoles non rémunérés, en plus des responsabilités ménagères.
Elles sont aussi de plus en plus impliquées dans des activités génératrices de revenus (AGR) : transformation de produits locaux, aviculture, maraîchage, petits commerces. Malgré cela, beaucoup restent dépendantes financièrement, faute d’accès aux ressources essentielles.
Parmi les obstacles les plus fréquents :
Accès limité au crédit et aux financements.
Manque de formation technique ou entrepreneuriale.
Difficulté d’accès à la terre et aux équipements modernes.
Charge domestique élevée, qui réduit le temps disponible pour développer une activité.
Insuffisance de structures d’accompagnement dans les zones reculées.
Face à ces réalités, la présidente nationale des femmes rurales du Sénégal multiplie les appels à l’État.
Elle plaide pour un renforcement de l’appui institutionnel aux initiatives économiques portées par les femmes : financement adapté, subventions, accès structuré à la terre, mécanisation agricole, formation en gestion et transformation, développement de micro-industries rurales.
« Les femmes rurales sont prêtes, elles travaillent, elles innovent. Mais elles ont besoin d’un accompagnement réel pour transformer leurs efforts en autonomie économique durable », a-t-elle déclaré au micro de notre correspondant au niveau de la zone centre .
Dans plusieurs régions, des projets commencent à émerger : unités de transformation de céréales, périmètres maraîchers irrigués, coopératives d’élevage, mutuelles d’épargne féminines.
Mais les moyens restent souvent insuffisants pour permettre une véritable montée en puissance.
Pour beaucoup de femmes, devenir autonomes ne signifie pas seulement gagner de l’argent : c’est accéder à la dignité, à la prise de décision dans leur foyer et leur communauté, et à une place reconnue dans l’économie nationale.








