
Pendant vingt jours, la capitale du Saloum s’est transformée en laboratoire culturel et citoyen. La clôture, le samedi 20 décembre 2025 de la 6ᵉ édition du Festival International pour l’Éveil des Consciences (FIEC) confirme une tendance lourde : à Kaolack, la culture est devenue un outil structurant d’engagement social et de mobilisation de la jeunesse.
Organisé par l’association Saloum Rapatak, sous la conduite d’Ousmane Thioune, alias Jee Man, le festival a dépassé le simple cadre festif pour s’affirmer comme un espace de débat, de formation et d’expression citoyenne. Du 1ᵉʳ au 20 décembre, concerts, panels, ateliers et échanges interculturels ont rythmé la ville, attirant artistes, intellectuels, acteurs associatifs et partenaires venus du Sénégal et de l’étranger. Une jeunesse au cœur du dispositif. L’un des traits marquants de cette édition réside dans la forte implication de la jeunesse kaolackoise. Présente aussi bien dans l’organisation que dans la participation aux activités, elle a investi le festival comme une tribune d’expression et de réflexion sur les défis contemporains : citoyenneté active, cohésion sociale, paix, identité culturelle et développement durable.
À travers les débats et les performances artistiques, le FIEC a offert un cadre où les jeunes ont pu interroger leur rôle dans la société, tout en valorisant la culture comme levier de transformation sociale.
Une clôture à forte portée symbolique. La cérémonie de clôture, tenue au Centre culturel de Kaolack, a réuni plusieurs personnalités issues des sphères culturelle, politique et associative, dont Landing Mbessane Seck (Kilifeu), président du Conseil d’administration du Grand Théâtre National, Lamine Niang (PASTEF France – Urbanisme Dakar) et Mamadou Ba, dit Commando Baye, président du MFPSD.
La présence de Nathalie Gulka, partenaire internationale du projet France–Saloum Rapatak, a également illustré la dimension transnationale du festival. Son engagement durable en faveur des échanges culturels avec la jeunesse locale a été salué par un public nombreux et attentif.
Entre rayonnement international et réalités locales. Après six éditions, le Festival International pour l’Éveil des Consciences bénéficie d’une visibilité croissante sur la scène culturelle africaine. Il a contribué à créer des réseaux artistiques durables, à promouvoir le patrimoine culturel du Saloum et à inscrire Kaolack sur la carte des grands rendez-vous culturels du continent.
Cependant, derrière ce succès se cache une réalité moins reluisante : le manque de soutien institutionnel structuré. Les organisateurs n’ont pas manqué de rappeler la nécessité d’un accompagnement plus fort des pouvoirs publics, notamment du ministère de la Culture, afin de consolider un événement qui joue déjà un rôle stratégique dans l’éducation citoyenne et l’économie culturelle locale.
Un impact économique discret mais réel. Au-delà des scènes et des débats, le festival a également généré des retombées économiques notables. Hôtels, restaurants, transporteurs et petits commerces ont bénéficié de l’afflux de visiteurs, tandis que des emplois temporaires ont été créés, en particulier pour les jeunes.
Dans une région confrontée au chômage et à la précarité, le FIEC apparaît ainsi comme une initiative culturelle à fort potentiel économique et touristique.
Vers un pôle culturel régional ?
En clôturant cette 6ᵉ édition, Jee Man et son équipe ont affiché des ambitions claires : renforcer l’ancrage international du festival, élargir les partenariats, impliquer davantage la diaspora et faire de Kaolack un pôle culturel de référence au Sénégal et en Afrique de l’Ouest. Plus qu’un événement annuel, le Festival International pour l’Éveil des Consciences tend désormais à s’imposer comme un projet de société, où la culture devient un langage commun au service de la conscience citoyenne et du développement durable.








