
Il est légitime de se poser la question : quel est, au fond, le véritable problème que certains tentent aujourd’hui d’installer entre Pastef et le président Bassirou Diomaye Faye ?
Si le débat porte sur le supposé limogeage d’Aïda Mbodj à la tête de la Coalition Diomaye Président, je ne pense pas que ce soit là le cœur du problème.
D’ailleurs, combien de ministres, ont été limogés alors même qu’ils méritaient leur poste ? Et parmi ceux qui crient aujourd’hui à l’injustice, combien s’étaient alors indignés ? Personne, ou presque.
Il faut aussi rappeler un fait essentiel : Aïda Mbodj n’a pas été limogée de son poste à la tête de la DER/FJ. Le président de la République en avait pourtant le pouvoir, mais il ne l’a pas exercé. Cela démontre une volonté de respect institutionnel et d’apaisement.
Concernant les propos du Premier ministre Ousmane Sonko sur les personnes décédées sous le régime de Macky Sall, tenus lors de la Journée des Martyrs, il faut être honnête intellectuellement. Ces vérités, il les a toujours portées, et il aurait effectivement pu les rappeler à d’autres occasions, notamment lors des grands meetings populaires comme ceux du Téra Meeting.
Au Grand Théâtre, Ousmane Sonko a surtout tenu un discours de responsabilité : il a expliqué comment fonctionne la justice, en insistant sur le fait qu’elle ne se précipite pas et qu’elle ne doit subir aucune pression politique. Il a même cité l’exemple du génocide rwandais, dont les procès ont pris plusieurs années, parfois à l’échelle internationale. C’est une pédagogie de la justice, pas un renoncement.
Dans cette même logique, l’ancien ministre de la Justice, Ousmane Diagne que nous saluons avec respect en tant qu’homme du sérail l’a lui-même affirmé publiquement. Pourtant, pour certains, la seule “solution” aurait été sa démission. Une position simpliste qui ne règle aucun problème de fond.
S’agissant de l’absence du président Diomaye Faye à la Journée des Martyrs, là encore, les faits sont clairs : cette journée coïncidait avec une obligation diplomatique majeure, à savoir l’investiture du président ivoirien Alassane Ouattara. Un événement d’État que le président du Sénégal ne pouvait raisonnablement pas rater.
Ceux qui suivent attentivement le fonctionnement du tandem Diomaye–Sonko le savent : la diplomatie et les relations bilatérales occupent une place stratégique. Il suffit de réécouter le discours du Premier ministre Ousmane Sonko lors de sa visite en Côte d’Ivoire sur l’importance des relations entre Dakar et Abidjan.
Soyons clairs : c’est Ousmane Sonko lui-même qui a témoigné publiquement des qualités humaines, morales et politiques de Bassirou Diomaye Faye. C’est sur cette base que les Sénégalais ont choisi Diomaye pour diriger le pays pendant cinq ans. Jusqu’à présent, le président de la République n’a violé aucun droit fondamental et respecte la Constitution.
Nous prions pour que cela continue, in shaa Allah. Je suis convaincu que le président Bassirou Diomaye Faye peut réussir sa mission. Et si, par malheur, tel n’était pas le cas, les Sénégalais sauront en tirer toutes les conséquences politiques. En 2029, ils ne se laisseront pas tromper, car Ousmane Sonko sera comptable à 100 % du bilan de Diomaye Faye. Le peuple sénégalais n’est pas dupe.
Aujourd’hui, la véritable solution consiste à bien comprendre le statut et le rôle du président de la République, puis à accompagner son appel, sa politique et sa vision pour le Sénégal.








