
La capitale du Saloum a servi de cadre à une étape clé du chantier national de refondation de la décentralisation. À l’issue de deux jours de concertation, la 9ᵉ journée dédiée à l’Acte IV s’est achevée ce mardi 30 décembre, mettant en lumière les attentes pressantes des collectivités territoriales face aux limites du modèle actuel.
Réunis autour des autorités étatiques, les élus locaux, représentants de l’administration, acteurs de la société civile et techniciens territoriaux ont partagé un diagnostic largement convergent : sans ressources suffisantes et sans marges de manœuvre accrues, la décentralisation peine à produire des résultats tangibles pour les populations.
Présidant la cérémonie de clôture, le ministre des Collectivités territoriales, Moussa Balla Fofana, a reconnu que la transformation de l’action publique ne saurait se faire sans un ancrage territorial fort. Selon lui, l’Acte IV doit marquer une rupture avec une décentralisation essentiellement administrative, pour aller vers une gouvernance locale plus efficace, fondée sur la territorialisation réelle des politiques publiques.
Les échanges de Kaolack ont notamment mis en avant la question du financement des collectivités, identifiée comme l’un des principaux goulots d’étranglement. « Les dotations de l’État, à elles seules, ne suffisent plus », a admis le ministre, plaidant pour un nouveau modèle économique des municipalités reposant sur une fiscalité locale adaptée, des partenariats public-privé et des mécanismes innovants de mobilisation des ressources.
Au-delà des moyens financiers, les participants ont également pointé les incohérences territoriales qui freinent la mutualisation des efforts entre collectivités voisines. Pour Moussa Balla Fofana, l’enjeu dépasse la simple question des frontières administratives : il s’agit d’encourager une coopération intercommunale capable de porter des projets structurants à l’échelle des pôles territoriaux.
Les conclusions issues de cette rencontre viendront alimenter le rapport national de concertation, pierre angulaire du futur document de politique publique sur l’Acte IV de la décentralisation. L’ambition affichée est de bâtir des collectivités territoriales viables, dotées de ressources humaines et techniques solides, capables de répondre aux défis quotidiens des citoyens : assainissement, cadre de vie, développement économique local, éducation et adaptation aux changements climatiques.
À Kaolack, cette étape a surtout révélé une exigence forte des territoires : passer des intentions aux actes, afin que la décentralisation devienne enfin un levier réel de développement local et de proximité entre l’État et les citoyens.








