
Keur Diarra Bambara (Ndiaffate) – La colère était vive ce matin à Keur Diarra Bambara. Excédées par la répétition d’accidents de la circulation souvent mortels, les populations ont barré la route principale pour exiger des mesures urgentes contre l’insécurité routière qui endeuille régulièrement leur village.
Dès les premières heures de la matinée, jeunes, femmes et notables, arborant des brassards rouges en signe de deuil et de protestation, ont dressé des barricades à l’aide de troncs d’arbres, de pierres et de pneus. La circulation a été totalement paralysée pendant plusieurs heures, créant d’importants embouteillages sur cet axe très fréquenté.
Au cœur de la mobilisation, une réalité tragique : plus d’une dizaine d’accidents mortels recensés ces dernières années, selon les habitants, sans réponse concrète des autorités compétentes. Les manifestants dénoncent notamment l’excès de vitesse, l’absence de ralentisseurs, le manque de signalisation et le non-respect du code de la route par certains usagers.
« Nous enterrons presque chaque année des membres de nos familles. Trop, c’est trop », a lancé Sidy Fofana, chef du village de Keur Diarra Bambara, la voix chargée d’émotion. Pour les populations, la route est devenue un véritable piège mortel traversant leur localité.
Environ une centaine de manifestants ont ainsi exigé l’installation immédiate de dos-d’âne, une signalisation adéquate et le renforcement des contrôles routiers. Alertées, les forces de l’ordre se sont rendues sur place pour tenter d’apaiser la situation et ouvrir le dialogue. Mais, selon les protestataires, aucune solution concrète ne leur a été proposée sur le moment.
Après plusieurs heures de tension, la route a finalement été rouverte. Toutefois, les populations, toujours déterminées, ont interpellé l’AGEROUTE, le maire de la commune de Ndiaffate ainsi que les députés de la localité, les appelant à agir sans délai pour mettre fin à ce qu’elles qualifient de « route de la mort ».
À Keur Diarra Bambara, le message est clair : sans mesures urgentes et visibles, la colère pourrait de nouveau éclater, au nom du droit à la sécurité et à la vie.








