
À moins d’un an des prochaines élections locales, Mamoudou Seydou Sall, président du mouvement Podor Nouvelle Vision (PNV), affine son positionnement sur l’échiquier politique départemental. Derrière un discours axé sur le développement et l’action sociale, se dessine une stratégie politique assumée : construire une alternative crédible face aux forces traditionnelles qui dominent Podor depuis plusieurs décennies.
Ancien élève de l’École nationale d’Administration (ENA) et cadre de l’administration, Mamoudou Seydou Sall mise sur un profil technocratique pour se démarquer. Son parcours, entre Podor, Dakar et Thiès, lui permet aujourd’hui de revendiquer une double légitimité : celle du fils du terroir et celle du haut fonctionnaire rompu aux rouages de l’État.
Un discours de rupture avec la politique classique
Le leitmotiv de Podor Nouvelle Vision repose sur une critique implicite de la gouvernance locale passée. Sans attaques frontales, le président du mouvement pointe l’inefficacité des politiques publiques menées jusque-là, malgré la présence de plusieurs responsables politiques originaires du département à des postes nationaux.
« Les potentialités sont là, mais les résultats tardent », résume en filigrane le message porté par PNV. Une manière pour le mouvement de se positionner comme force de rupture, tout en évitant la confrontation directe avec les poids lourds politiques locaux.
Le social comme tremplin politique
À Podor, comme dans de nombreuses localités du pays, l’action sociale est devenue un levier politique central. PNV l’a bien compris. Dons de matériel, appui aux femmes, accompagnement des jeunes entrepreneurs : ces initiatives, présentées comme des réponses concrètes aux besoins des populations, constituent aussi un socle de mobilisation électorale.
Ce choix stratégique permet au mouvement de bâtir une base militante, notamment chez les jeunes et les femmes, catégories clés dans le rapport de force électoral.
Coalitions : ouverture prudente, autonomie revendiquée
Sur la question des alliances, Mamoudou Seydou Sall adopte une posture mesurée. S’il reconnaît l’utilité des coalitions dans le contexte politique sénégalais, il insiste sur l’autonomie de Podor Nouvelle Vision. Un message clair adressé à la fois aux partis traditionnels et aux électeurs : PNV n’entend pas jouer les seconds rôles.
Cette position lui laisse une marge de manœuvre stratégique, à l’approche des échéances électorales, dans un département où les équilibres politiques restent fragiles et mouvants.
La bataille du local en ligne de mire
Si la mairie reste un objectif, le président de PNV élargit le champ des possibles en évoquant le conseil départemental et d’autres instances locales. Une approche qui traduit une lecture pragmatique du pouvoir local, où l’influence ne se limite plus à la seule gestion municipale.
À travers un discours structuré et une présence accrue sur le terrain, Podor Nouvelle Vision cherche désormais à transformer son capital social en capital politique.
En filigrane, un message se dégage : à Podor, la recomposition politique est en marche, et Mamoudou Seydou Sall entend bien y jouer un rôle central.








