À Kaolack, tomber malade ne suffit plus : encore faut-il réussir à trouver le sommeil. Aux abords de plusieurs structures sanitaires de la ville, notamment le poste de santé de Sam entre autres, la nuit rime désormais avec vacarme, tensions et insécurité, au détriment des patients les plus vulnérables.
Alors que les hôpitaux devraient être des sanctuaires de silence et de repos, indispensables au processus de guérison, leurs alentours se transforment trop souvent en lieux d’agitation nocturne. Cris, musique assourdissante, altercations, consommation de substances illicites : une réalité quotidienne qui fait voler en éclats le droit élémentaire des malades à la tranquillité.
Des malades prisonniers du bruit
Dans les salles d’hospitalisation, le combat ne se limite plus à la maladie. Il se joue aussi contre l’insomnie, l’angoisse et la peur. « Ici, la nuit est plus éprouvante que la douleur », confie un patient, épuisé, sous couvert d’anonymat. Pour certains, l’absence de repos retarde la guérison ; pour d’autres, elle aggrave un état déjà fragile.
Les accompagnants, eux, vivent dans l’appréhension permanente. Beaucoup écourtent leur présence auprès des malades, par crainte des débordements nocturnes. Une situation qui isole davantage les patients, déjà éprouvés par la maladie.
Soigner sans sérénité : un paradoxe inquiétant
Comment parler de qualité des soins lorsque l’environnement immédiat des structures sanitaires devient source de stress et d’insécurité ? Ce paradoxe interpelle. À Kaolack, le bruit extérieur franchit les murs des hôpitaux, transformant des lieux de soins en espaces de souffrance prolongée.
Pour de nombreux citoyens, ce laisser-aller est révélateur d’un déficit de vigilance et de coordination entre les autorités municipales, administratives et sécuritaires.
Le silence comme urgence sanitaire
Plus qu’un simple problème d’ordre public, la situation pose une question de santé publique et de dignité humaine. Garantir le calme autour des hôpitaux, c’est protéger la vie, accélérer la guérison et respecter les malades.
Les populations appellent à des mesures concrètes : patrouilles régulières, éclairage public renforcé, sanctions dissuasives et implication des communautés locales. Car rétablir le silence autour des structures sanitaires, c’est déjà commencer à soigner.








