Face aux défis persistants de la souveraineté alimentaire et de la résilience agricole, une initiative locale portée par une vision panafricaine gagne du terrain. À Kaolack, Cheikh Baye Mbaye Niass Al Kaolackhy, chef religieux, entrepreneur agricole et expert en systèmes agricoles intégrés, mène depuis plusieurs années un combat discret mais structurant autour d’une plante aux vertus exceptionnelles : l’Azolla, rebaptisée SUURAL JUR.
Issu du monde rural, formé dès l’enfance à la fois par l’enseignement coranique et le travail de la terre, Cheikh Baye Mbaye Niass fait de l’agriculture bien plus qu’une activité économique. Pour lui, cultiver la terre relève d’une mission spirituelle et patriotique, conforme à sa conviction profonde que, selon le Saint Coran, c’est Allah ﷻ qui fait pousser les cultures.
Une expertise forgée sur le terrain et à l’international
Engagé dans l’agriculture depuis 2009, il a enrichi son expérience à travers de nombreuses formations et missions dans la sous-région ouest-africaine, mais aussi en Égypte et au Maroc, renforçant ainsi sa maîtrise des techniques agricoles durables et des systèmes intégrés.
C’est dans ce parcours de recherche et d’apprentissage qu’il découvre, en 2018, l’Azolla, une fougère aquatique utilisée dans certains pays comme aliment animal et fertilisant naturel. Des recherches menées entre l’Égypte et Israël confirment alors le potentiel stratégique de cette plante pour les pays africains.
Kaolack, laboratoire à ciel ouvert
En mars 2025, Cheikh Baye Mbaye Niass importe l’Azolla au Sénégal et choisit Kaolack comme zone pilote. L’objectif : observer le comportement de la plante sur l’ensemble des cycles climatiques — avant, pendant et après l’hivernage.
Les résultats sont probants. Selon les observations de terrain, SUURAL JUR (Azolla) :
constitue un aliment complet et naturel pour l’élevage, l’aviculture et la pisciculture ;
agit comme biofertilisant, améliorant la fertilité des sols et les rendements agricoles.
Cette double fonction positionne l’Azolla comme une solution écologique, économique et durable, particulièrement adaptée aux réalités agricoles africaines.
Transmission, partage et don de soi
Depuis décembre 2025, l’initiateur de SUURAL JUR multiplie les démonstrations pratiques, formations et séances de vulgarisation à l’intention des agriculteurs, éleveurs et acteurs du développement rural. Basé à Kaolack, il se dit disponible à parcourir tout le Sénégal et même l’Afrique pour partager cette innovation.
Fait notable : la distribution de l’Azolla se fait gratuitement, à raison de 1 kg, 5 kg, voire jusqu’à 20 kg, dans un esprit de don et de service à la patrie. Une démarche assumée, loin de toute logique commerciale.
« Ce combat n’est ni personnel ni lucratif. Il est fondé sur l’amour de la terre, la fidélité à la patrie et le service de l’humanité », affirme-t-il.
Une vision pour l’Afrique
À travers SUURAL JUR, Cheikh Baye Mbaye Niass Al Kaolackhy propose une réponse locale à un enjeu global : nourrir durablement les populations africaines tout en respectant l’environnement. Une initiative qui, au-delà de Kaolack, interpelle les décideurs publics, les organisations agricoles et les partenaires du développement.








