Derrière les textes, les stratégies et les plans de santé, il y a des vies. Celles de milliers de Sénégalais vivant avec un handicap, souvent contraints de renoncer aux soins faute d’infrastructures accessibles, de services adaptés ou tout simplement d’écoute. C’est pour briser ce silence et replacer l’humain au centre des politiques publiques qu’un atelier national de revue documentaire sur l’intégration du handicap dans les politiques de santé s’est ouvert ce mercredi 4 février 2026, dans un hôtel de la place, pour se poursuivre jusqu’au 7 février.
Pendant trois jours, responsables institutionnels, experts du secteur sanitaire, partenaires techniques et financiers et organisations de personnes handicapées se penchent sur les textes fondateurs du système de santé sénégalais. Mais au-delà des documents, c’est la réalité quotidienne des personnes handicapées qui s’invite dans les débats : des femmes contraintes d’accoucher sans accompagnement adapté, des enfants privés de soins de base, des patients découragés par des structures sanitaires inaccessibles.
Présidant la cérémonie d’ouverture, madame Darry Isseu Gaye, Présidente du Cadre Fédérateur des Femmes Handicapées (CF/FSAPH), a livré un message empreint d’émotion et de fermeté. Pour elle, cet atelier représente bien plus qu’un exercice technique : « Tant que les personnes handicapées continueront à être invisibles dans les politiques de santé, le droit à la santé restera incomplet », a-t-elle déclaré.
Elle a rappelé que chaque obstacle architectural, chaque service non adapté, chaque politique indifférente se traduit par une souffrance humaine bien réelle. «
L’inclusion du handicap n’est pas une faveur, c’est une dette sociale », a-t-elle insisté, appelant à transformer les engagements institutionnels en actes concrets et mesurables.
Les travaux portent sur l’analyse critique des stratégies sanitaires existantes afin d’identifier les manquements, mais aussi de valoriser les rares bonnes pratiques. L’objectif final est clair : faire émerger des recommandations opérationnelles capables de bâtir un système de santé où personne ne se sentira exclu à cause de son handicap.
À l’issue de cet atelier, les conclusions attendues devraient servir de socle à des politiques de santé plus justes, conformes aux engagements internationaux du Sénégal, notamment la Convention relative aux droits des personnes handicapées.
À travers cette rencontre, une voix collective s’élève : celle des personnes handicapées qui demandent simplement à être soignées avec dignité. Car une santé réellement universelle ne se mesure pas à la qualité des discours, mais à la capacité d’un pays à protéger les plus vulnérables.








