Pendant trois jours, la question de la prise en charge sanitaire des personnes vivant avec un handicap a été au centre des débats dans la capitale Sénégalaise. Regroupant acteurs de la santé, organisations de la société civile et représentants des personnes handicapées ont croisé leurs regards pour poser un diagnostic sans complaisance sur les obstacles persistants et proposer des pistes de solutions durables.
Au terme de ces journées de réflexion, Mme Isseu Gaye Darry, présidente du comité des femmes de la fédération nationale de l’association des personnes handicapées du Sénégal a pris un engagement fort : porter le plaidoyer auprès des autorités sanitaires des 14 régions du Sénégal ainsi que des partenaires et bonnes volontés, afin que les personnes handicapées ne soient plus reléguées au second plan dans les politiques de santé. « La santé est un droit fondamental. Les personnes handicapées ne doivent plus être invisibles dans les programmes de prise en charge », a-t-elle déclaré, appelant à des actions concrètes et inclusives.
Les échanges ont mis en lumière de nombreuses difficultés : inaccessibilité des structures sanitaires, manque de personnel formé, insuffisance de matériels adaptés .Donner la vie ne devrait jamais rimer avec exclusion. Pourtant, pour de nombreuses femmes vivant avec un handicap, notamment les albinos non-voyants et les personnes à mobilité réduite, l’accès aux services de maternité demeure une épreuve semée d’obstacles « . Dans plusieurs structures sanitaires les réalités sont criantes. Rampes d’accès inexistantes ou impraticables, salles d’accouchement non adaptées, absence de signalisation en braille, personnel insuffisamment formé à la prise en charge spécifique des personnes handicapées : autant de manquements qui compromettent le droit fondamental à la santé pour ces femmes déjà vulnérables » a souligné Madame Darry.
Pour les femmes non-voyantes, en particulier celles atteintes d’albinisme, se rendre à une consultation prénatale relève souvent d’un défi. « Nous avons besoin d’accompagnement, d’écoute et d’informations accessibles. Mais très souvent, nous sommes laissées à nous-mêmes », ajouté-t- elle.
Les personnes handicapées motrices, quant à elles, dénoncent l’inadaptation des infrastructures. Monter un escalier pour atteindre une salle de consultation ou accéder à une table d’examen trop haute devient un obstacle majeur, voire dissuasif.
Résultat : certaines femmes retardent, voire abandonnent le suivi médical pendant la grossesse, au risque de complications graves ; a conclu la présidente du comité national des femmes handicapées du Sénégal madame Isseu Gaye Darry.
Autant de barrières qui limitent l’accès aux services de santé pour cette couche déjà vulnérable.
Face à cette réalité, Mme Darry a insisté sur la nécessité d’une synergie d’actions entre l’État, les collectivités territoriales, les professionnels de santé et les partenaires techniques et financiers. « Aucune réforme ne sera efficace sans une volonté collective et un engagement durable », a-t-elle conclu.








