L’éventualité de voir un Sénégalais accéder au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies suscite débats et interrogations au sein de l’opinion publique. Si Macky Sall, ancien président de la République, venait à être porté à la tête de l’institution onusienne, quels bénéfices le Sénégal pourrait-il en tirer ? Analyse.
Un prestige diplomatique inédit pour le Sénégal
L’accession d’un fils du Sénégal au poste de Secrétaire général de l’ONU constituerait un événement historique. Très peu de pays dans le monde peuvent se prévaloir d’avoir dirigé la plus haute instance multilatérale. Pour le Sénégal, ce serait un puissant facteur de rayonnement international, renforçant son image de pays stable, respecté et crédible sur la scène mondiale.
Cette reconnaissance symbolique consoliderait la place du Sénégal comme acteur diplomatique majeur en Afrique et au-delà, dans la continuité de sa tradition de médiation, de dialogue et de promotion de la paix.
Une voix africaine mieux portée dans les instances internationales
Bien que le Secrétaire général de l’ONU soit tenu à une stricte neutralité, son parcours et son origine influencent souvent sa sensibilité aux enjeux globaux. La présence d’un Sénégalais à ce poste pourrait contribuer à une meilleure prise en compte des problématiques africaines : sécurité au Sahel, changement climatique, développement durable, migrations ou encore gouvernance.
Sans défendre un pays en particulier, Macky Sall pourrait porter une attention accrue aux réalités du Sud global, dont l’Afrique reste un pilier central.
Des retombées indirectes en matière de coopération et de développement
Il convient de le souligner : le Sénégal ne bénéficierait pas d’avantages économiques automatiques. Toutefois, une telle position offrirait une visibilité renforcée auprès des agences spécialisées des Nations unies comme le PNUD, l’UNICEF, l’OMS ou la FAO.
Cette visibilité pourrait faciliter, de manière indirecte, l’accès à certains partenariats, programmes de coopération ou initiatives internationales en lien avec les priorités nationales : éducation, santé, climat, emploi des jeunes.
Une source d’inspiration pour la jeunesse sénégalaise
Au-delà des considérations diplomatiques, l’élévation d’un Sénégalais à la tête de l’ONU enverrait un signal fort à la jeunesse. Elle illustrerait que les plus hautes fonctions internationales sont accessibles, renforçant l’ambition et l’ouverture vers les carrières diplomatiques et multilatérales.
Elle pourrait également encourager une plus grande présence de cadres sénégalais dans les organisations internationales, dans le strict respect des règles et des procédures en vigueur.
Neutralité du poste et limites objectives
Il est essentiel de rappeler que le Secrétaire général de l’ONU ne gouverne pas pour son pays d’origine. Il ne peut ni favoriser ni privilégier le Sénégal. Son rôle est de défendre les principes de la Charte des Nations unies et l’intérêt collectif de la communauté internationale.
Ainsi, les avantages pour le Sénégal seraient avant tout d’ordre symbolique, diplomatique et stratégique, et non des privilèges directs.
Un atout, non un frein au développement
En définitive, l’hypothèse de Macky Sall à la tête de l’ONU ne saurait être perçue comme un frein au développement du Sénégal. Au contraire, elle renforcerait la stature internationale du pays, consoliderait sa voix et ouvrirait des opportunités indirectes dans un monde de plus en plus interconnecté.
Le débat mérite donc d’être posé sur la base des faits, loin des passions, en mesurant à la fois les espoirs et les limites d’une telle perspective.
Kémo DAFFÉ, citoyen Sénégalais engagé pour des causes nobles








