Le Comité pour la Résistance Populaire pour la libération de l’honorable député Farba Ngom, maire de la commune d’Agnam, a fait face à la presse ce lundi 9 février 2026 pour exiger la libération immédiate du parlementaire, détenu depuis plusieurs mois.
Cette rencontre avec les médias s’est tenue en présence de M. Alousseynou Ndiaye, coordonnateur du Comité, de M. Abdou Aziz Diop, adjoint au maire d’Agnam, de l’honorable députée Racky Ndiaye, ainsi que de nombreux partisans et sympathisants de Farba Ngom.
Prenant la parole, Alousseynou Ndiaye a déclaré s’exprimer « ni par provocation, ni par calcul politique, encore moins par passion, mais par devoir citoyen ». Il est revenu sur la situation judiciaire de l’honorable Farba Ngom, placé sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025 pour des faits présumés de détournement de deniers publics.
Selon le coordonnateur, cette procédure dépasse aujourd’hui le seul cadre de la personne du député :« Ce n’est pas seulement un homme qui est poursuivi, c’est une famille entière qui est frappée », a-t-il dénoncé, citant les mises en cause successives de ses frères Ismaïla Ngom, Birome Ngom et Demba Ngom, ainsi que les inquiétudes judiciaires touchant ses enfants.
Le Comité souligne également que des expertises médicales réalisées par des professeurs assermentés ont conclu que l’état de santé du détenu est incompatible avec la détention carcérale. Malgré cela, les demandes de liberté provisoire fondées sur ces rapports ont été rejetées à deux reprises.
Alousseynou Ndiaye a rappelé qu’à l’issue des auditions des 15 et 17 décembre 2025, puis après les débats du 7 janvier 2026, le juge compétent avait ordonné la levée du mandat de dépôt, évoquant notamment :
● la solidité et la constance de la défense de Farba Ngom ;
● les explications jugées claires de M. Tahirou Sarr, co-prévenu dans le dossier ;
● l’insuffisance manifeste des charges à ce stade de la procédure ;
● le statut institutionnel du député, à la fois parlementaire et maire.
Toutefois, un appel du procureur a maintenu Farba Ngom en détention, une décision qualifiée par le Comité « d’arbitraire et d’incompréhensible », d’autant plus que Tahirou Sarr, présenté comme un acteur central du dossier, a bénéficié d’une mise en liberté.
Le Comité s’est également dit préoccupé par l’ouverture d’une nouvelle procédure accompagnée d’une demande de levée de l’immunité parlementaire du député, sur la base de faits évoqués publiquement par la ministre de la Justice.
« La justice se rend dans les prétoires, pas dans l’espace médiatique », a martelé le coordonnateur.
Des autorités religieuses, dont Thierno Mohamadou Lamine Ly de Doumga, Thierno Mohamadou Samassa de Matam et Thierno Mouhamadou Bassiou Camara de Ganguel, ont, selon le Comité, appelé à un traitement strictement juridique du dossier, loin de tout acharnement.
À l’approche du 16 février, date à laquelle l’Assemblée nationale devra se prononcer, le Comité estime que la 15ᵉ législature est face à « une épreuve de vérité » quant à son indépendance et à son attachement à la Constitution.
Enfin, le Comité pour la Résistance Populaire annonce l’entrée dans une nouvelle phase de mobilisation, avec :
■ l’organisation de marches pacifiques sur l’ensemble du territoire national et dans la diaspora ;
■ des sit-in devant des lieux symboliques de la République ;
■ des actions symboliques, visibles et non violentes.
« Nous ne demandons aucun privilège. Nous exigeons le droit.
Quand la justice hésite, le peuple s’interroge.
Quand le droit recule, la République vacille.
Quand l’injustice persiste, la résistance citoyenne devient une obligation historique », a conclu Alousseynou Ndiaye.
Moussa Diba








