Alors que les tensions persistent à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), ponctuées de perturbations chroniques et de revendications estudiantines, une voix singulière monte du camp présidentiel. El Hadji Ibrahima Diop, Secrétaire national chargé des foyers religieux du parti Alliance pour les Urgences de la République (Allure), membre de la mouvance Diomaye Président, refuse de se contenter de « gérer les détails ». Il appelle à un électrochoc systémique.
Son remède de cheval : délocaliser l’UCAD à Sebikhotane. « Le président de la République, sans démagogie, doit prendre des mesures fortes. La première mesure pour moi est de délocaliser l’UCAD à Sebikhotane. Il faut sortir un budget de 50 milliards pour construire une université toute neuve et dans des délais records (1 an maximum) », déclare-t-il. Loin d’un abandon des lieux, il imagine l’actuel campus reconverti en « Cité de la médecine et des technologies », une sorte de Silicon Valley destinée à attirer les investisseurs privés.
Ce « big bang » universitaire ne s’arrête pas au béton. M. Diop prône un virage pédagogique radical. « Dès la rentrée 2026/2027, il faudra privilégier les orientations dans les filières agricoles, technologiques et minières », insiste-t-il, appelant à un adieu aux formations sans débouchés.
La troisième mesure concerne le monde professionnel. Le leader d’Allure propose d’imposer, dès cette année, à tout attributaire de marché public de plus de 50 millions, le recrutement d’au moins un étudiant en stage rémunéré. Une disposition qui viserait à « créer un choc d’employabilité ».
Enfin, le réformateur insiste sur l’impératif d’un changement de logiciel culturel. « La 4e mesure, et qui me semble la plus importante, est de développer une vaste campagne de communication afin que l’étudiant ne soit plus un problème pour la société, un éternel assisté, mais une solution », assène-t-il.
Pour El Hadji Ibrahima Diop, l’heure n’est plus à l’atermoiement. Il adjure le gouvernement de rompre avec une posture de simple gestionnaire de crises. « C’est le moment d’attaquer la racine du mal. La CAN est encore récente pour nous convaincre que l’abandon et la peur ne doivent pas être sénégalais. » Un appel au volontarisme présidentiel qui, à défaut de faire l’unanimité, a le mérite de poser crûment les termes d’un débat national devenu inévitable.








