Le 8 mars 2026, au Seanema, Kadia Sall présentera Judduwaat. Cette date ne doit rien au hasard. C’est la Journée internationale des droits des femmes. C’est aussi son anniversaire. Cette année, elle s’inscrit en plein mois de Ramadan. Choisir de dévoiler un film sur la guérison ce jour-là, dans ce temps de jeûne, de purification et de retour à l’essentiel, c’est poser un acte profondément symbolique. C’est décider de renaître au grand jour, là où l’on aurait pu se taire, fuir ou effacer.
Judduwaat, qui signifie « renaissance », est une traversée intime. Une femme y affronte les mémoires enfouies de l’enfance, les silences imposés, les blessures que l’on porte longtemps sans les nommer. Le film ne cherche ni le choc ni l’accusation. Il cherche la lumière. Il transforme la douleur en parole, la mémoire en mouvement, le passé en possibilité. À travers la mer, le vent et la lumière, il murmure qu’il est possible de se relever sans renier ce que l’on a vécu.
Pour Kadia Sall, ce film est plus qu’une œuvre. C’est une mission. Elle a compris que son art pouvait servir, éveiller, accompagner d’autres femmes sur le chemin de leur propre reconstruction. Elle veut se rendre utile. En choisissant le 8 mars, en plein Ramadan, elle inscrit son geste dans une dimension spirituelle assumée. Elle choisit l’élévation plutôt que la dérive, la conscience plutôt que l’oubli. Elle accepte son histoire et la confie à Dieu autant qu’au public, comme une offrande transformée.
Projeter ce film le jour de son anniversaire, au cœur d’un mois de foi et d’introspection, c’est dire au monde qu’elle ne se définit plus par la blessure, mais par la transformation. Renaître publiquement un 8 mars, pendant le Ramadan, c’est affirmer que la résilience est un choix intime, presque sacré. Une femme debout, qui se retourne vers sa douleur non pour y rester, mais pour la purifier, la transfigurer et ouvrir un passage pour d’autres.








