À Kaolack, la question de l’emploi des jeunes s’impose de plus en plus comme une priorité des politiques publiques locales. Ce samedi, le Conseil départemental a posé un acte fort en associant formation professionnelle et engagement sociétal lors d’une journée marquée par deux initiatives majeures : la remise d’attestations du programme « Taggat ndaw ñi » et la signature d’une convention de partenariat avec des instituts de formation professionnelle.
Au-delà du caractère cérémonial, l’événement traduit une orientation stratégique claire : faire de la formation un levier concret de transformation économique et sociale dans le département.
Une réponse locale à un défi national
Face à la montée du chômage et au manque d’opportunités pour les jeunes, les collectivités territoriales cherchent désormais à jouer un rôle plus actif dans l’accompagnement vers l’emploi. À travers le programme « Taggat ndaw ñi » — littéralement « former les jeunes » — cinquante bénéficiaires ont été formés dans des domaines directement liés aux besoins du marché, notamment la gestion de caisse, l’infographie, l’informatique et l’audiovisuel.
Pour les autorités départementales, il ne s’agit plus seulement d’offrir des formations théoriques, mais de développer des compétences immédiatement mobilisables dans le tissu économique local.
Le président du Conseil départemental, Ahmeth Youssouf Benzallou, a insisté sur la nécessité d’adapter les politiques éducatives aux réalités socio-économiques, soulignant que la formation constitue un rempart contre le chômage et l’exclusion sociale.
Former pour insérer : un changement d’approche
Contrairement aux programmes classiques centrés uniquement sur l’apprentissage technique, « Taggat ndaw ñi » intègre également le développement personnel, le leadership et l’engagement citoyen. Une approche qui vise à former non seulement des travailleurs qualifiés, mais aussi des jeunes capables de porter des initiatives communautaires et entrepreneuriales.
Les témoignages des bénéficiaires ont mis en évidence un impact dépassant le cadre professionnel. Plusieurs participants affirment avoir gagné en confiance et en vision, éléments essentiels pour une insertion durable.
Cette dimension humaine du programme apparaît comme l’un des piliers de sa réussite, en plaçant l’autonomisation au cœur du processus de formation.
La Responsabilité sociétale des entreprises au service des territoires
L’autre moment clé de la journée a été la signature d’une convention entre le Conseil départemental et plusieurs instituts de formation professionnelle. Inscrite dans la dynamique de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), cette collaboration vise à rapprocher davantage le monde de la formation et celui de l’emploi.
Les engagements portent notamment sur l’accès aux stages, l’accompagnement vers l’insertion professionnelle, la promotion de l’entrepreneuriat local et le soutien aux jeunes vulnérables.
Pour les partenaires éducatifs, la RSE devient ainsi un cadre d’action permettant d’intégrer les enjeux sociaux et environnementaux dans les parcours de formation, tout en répondant aux attentes du marché du travail.
Vers une gouvernance collaborative du développement
Au-delà des résultats immédiats, cette double initiative illustre une évolution dans la manière de concevoir le développement local. Collectivités territoriales, instituts de formation et acteurs socio-économiques s’inscrivent désormais dans une logique de co-construction des solutions.
Les autorités territoriales présentes ont souligné que la responsabilité sociétale ne relève plus uniquement des grandes entreprises, mais constitue désormais un outil partagé de développement territorial.
Selon le président du Conseil départemental, ce partenariat pourrait servir de modèle pour d’autres collectivités sénégalaises confrontées aux mêmes défis d’emploi et d’insertion des jeunes.
Une ambition pour l’avenir
En associant formation, citoyenneté et coopération institutionnelle, Kaolack mise sur le capital humain comme moteur de croissance locale. Cette orientation traduit une volonté de préparer une jeunesse mieux armée face aux mutations économiques, tout en consolidant les bases d’un développement inclusif et durable.
Plus qu’une simple cérémonie, cette journée apparaît ainsi comme un signal politique : celui d’un territoire qui cherche à transformer la formation en véritable passerelle vers l’emploi et la stabilité sociale.








