L’Initiative pour la Finance et l’Assurance Inclusive au Sénégal (IFAIS), organisée par Activ’elles, a procédé au lancement officiel de son programme ce samedi 21 février 2026 à la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar (CCIAD).
La cérémonie a été suivie d’une session de formation des artisans en gestion de la relation clients et en compétences numériques essentielles.
L’événement a enregistré la présence de Mme Maimouna Dieng, Directrice générale d’Activ’elles, de M. Souleye Kane, Directeur de l’Apprentissage au ministère de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Insertion, de M. Mor Diakhaté, représentant de Assurances La Providence, d’un représentant de FORCE-N, ainsi que de M. Gorgui Diop, Président de la Chambre des Métiers de Dakar, et de plusieurs autres personnalités.
Dans son allocution, Mme Maimouna Dieng a mis en lumière le rôle central des artisans dans l’économie sénégalaise. Menuisiers, tailleurs, mécaniciens, coiffeurs, forgerons ou transformateurs constituent, selon elle, « l’âme productive de la nation ».
Elle a toutefois déploré leur exclusion persistante du système financier classique, marquée par des crédits à intérêts élevés, l’absence de garanties suffisantes et le manque de protection contre les risques professionnels.
Pour y remédier, IFAIS propose un système de financement conforme aux principes de la finance islamique, encadré par un dispositif de microassurance spécialement conçu pour les artisans.
Le programme repose sur trois piliers fondamentaux :
● Un financement sans intérêts, respectueux des valeurs éthiques et sociales ;
● Une microassurance intégrée, en partenariat avec Assurances La Providence, protégeant contre les principaux risques liés à l’activité ;
● Un mécanisme simple, sécurisé et accessible, adapté aux réalités du terrain.
« Avec IFAIS, l’artisan ne reçoit pas seulement un financement. Il bénéficie d’un accompagnement responsable, investit sans s’endetter de manière excessive, développe son activité en toute confiance et protège son avenir », a-t-elle affirmé.
Mme Dieng a également indiqué qu’en trois ans, un réseau de plus de 13 000 membres a été constitué à travers le pays, illustrant la pertinence et la crédibilité de l’initiative. Elle a plaidé pour un appui institutionnel afin d’intégrer ce dispositif aux politiques nationales de promotion de l’artisanat, de l’entrepreneuriat et de l’inclusion financière.
Elle a salué l’apport de FORCE-N pour la formation aux nouveaux métiers du numérique, ainsi que l’engagement de Assurances La Providence pour la sécurisation des activités artisanales. Elle a également remercié la Direction de l’Apprentissage et l’Union Nationale des Chambres de Métiers pour leur accompagnement.
En s’adressant aux journalistes, elle a insisté sur leur rôle stratégique dans la diffusion de cette initiative innovante et éthique : « Il ne s’agit pas seulement de financer des activités. Il s’agit de bâtir la dignité économique, de sécuriser des familles et de transformer des talents en prospérité. »
Prenant la parole, M. Souleye Kane a qualifié l’initiative d’« extrêmement salutaire », soulignant qu’elle s’inscrit dans la dynamique des actions positives menées par l’État en faveur des maîtres d’apprentissage et des artisans.
Il a insisté sur l’importance des préalables techniques avant tout financement : renforcement des capacités, formations modulaires et certifiantes, qualification professionnelle et formalisation des activités. Selon lui, la formation, le financement et l’assurance doivent fonctionner en synergie dans une logique de chaîne de valeur cohérente.
Il a également rappelé que l’État joue un rôle de régulation et de création de conditions favorables, tout en encourageant les organisations professionnelles à assumer pleinement leur partition dans l’accompagnement des bénéficiaires.
De son côté, M. Gorgui Diop, Président de la Chambre des Métiers de Dakar, a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner cette initiative. Il a assuré que la Chambre des Métiers mettra tout en œuvre pour soutenir le programme et contribuer à sa réussite au bénéfice des artisans.
À travers le lancement de l’IFAIS, Activ’elles et ses partenaires ambitionnent ainsi de consolider un modèle d’inclusion financière responsable, articulant formation, financement éthique et assurance, au service du développement durable du secteur artisanal sénégalais.
Moussa Diba








