Le ministre des Transports terrestres et aériens, Yankoba Dieme, a effectué ce lundi 23 février 2026 une visite de travail au Centre de contrôle technique des véhicules automobiles (CCTVA). Cette mission a été marquée par l’inspection des bancs de test et le lancement officiel d’une opération exceptionnelle de rappel des autocars interurbains de 12 à 19 places, communément appelés « Cheikhou Cheirfou ».
Cette initiative, qui démarrera le 3 mars prochain pour une durée de deux mois, s’inscrit dans un contexte de recrudescence des accidents de la circulation au Sénégal. Selon le ministre, la mesure fait suite aux instructions du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et du Premier ministre Ousmane Sonko, après validation en Conseil des ministres.
Tous les véhicules de transport en commun de 12 à 19 places en circulation seront soumis à un contrôle technique renforcé. Bien que ces véhicules soient déjà tenus de passer une visite technique tous les six mois, y compris lorsqu’ils sont neufs, l’urgence sécuritaire impose, selon le ministre, une opération accélérée et exhaustive.
En plus du contrôle classique (freinage, suspension, éclairage, direction), une attention particulière sera accordée à la conformité du nombre de places, à l’état et à la fixation des porte-bagages, ainsi qu’aux modifications structurelles non autorisées. Les véhicules non conformes devront être remis aux normes avant de se présenter à une contre-visite.
Le ministre a souligné que la majorité de ces véhicules sont de marque Toyota, identiques à ceux utilisés dans le transport touristique, où les accidents restent rares. Pour lui, la problématique est davantage liée aux comportements humains qu’aux caractéristiques techniques des véhicules.
Excès de vitesse, surcharge, modifications inappropriées et indiscipline routière figurent parmi les principales causes identifiées. « Le problème est en grande partie lié au facteur humain », a-t-il insisté, appelant à une prise de conscience collective des chauffeurs et transporteurs.
Au-delà du contrôle technique, le ministère travaille sur l’introduction de dispositifs complémentaires tels que la limitation électronique de la vitesse, le plombage des véhicules et la géolocalisation. Ces outils permettront de détecter et de sanctionner les excès de vitesse, même a posteriori.
Des sociétés spécialisées pourraient être agréées afin d’accélérer la mise en œuvre de ces solutions technologiques, considérées comme essentielles pour réduire durablement les accidents.
Avec une capacité de contrôle estimée à 160 véhicules par jour et un parc d’environ 6 800 minicars concernés, les autorités assurent pouvoir respecter le délai de deux mois fixé pour l’opération. Des dispositions ont été prises pour éviter les engorgements et faciliter le passage des transporteurs.
En conclusion, le ministre a lancé un appel solennel à l’ensemble des opérateurs du secteur pour qu’ils se mobilisent dès le 3 mars. Cette opération exceptionnelle se veut un tournant décisif dans la lutte contre l’insécurité routière et marque la volonté des autorités de renforcer durablement la sécurité des transports publics au Sénégal.
Moussa Diba








