À Thiomby, localité rurale de l’arrondissement de Gandiaye, une panne d’approvisionnement en eau potable aura suffi à mettre en lumière la vulnérabilité persistante des villages face aux déficits d’infrastructures hydrauliques. Après 72 heures de pénurie en pleine période de Ramadan, une intervention d’urgence conduite par le Directeur du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar, Dr Ndéné Mbodji, a permis de rétablir l’accès à l’eau, soulevant au passage la question de la gestion durable des ressources essentielles en zone rurale.
Une pénurie révélatrice des réalités rurales
Durant trois jours, les habitants de Thiomby, dans la commune de Gandiaye, ont dû faire face à une situation critique. Entre longues distances pour s’approvisionner et perturbations des activités domestiques, la rareté de l’eau a rapidement affecté le quotidien des familles, particulièrement éprouvant en période de jeûne.
Cette crise ponctuelle met en évidence une réalité plus profonde : dans plusieurs localités rurales, l’accès à l’eau demeure dépendant d’installations fragiles, souvent exposées aux pannes techniques et au manque de maintenance régulière.
Une réponse d’urgence aux allures de solution locale
Face à l’urgence, une équipe technique mobilisée sous l’impulsion du responsable du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) a procédé à l’installation de deux pompes immergées alimentées par énergie solaire, accompagnées de réservoirs de stockage.
Au-delà de la réparation immédiate, l’utilisation de panneaux solaires marque une orientation vers des solutions adaptées aux réalités rurales, où l’autonomie énergétique devient un levier essentiel pour sécuriser l’accès à l’eau.
Pour les populations de Thiomby et du village voisin de Khalambasse, le retour de l’eau a surtout signifié la fin d’une épreuve collective, vécue comme un rappel brutal de la précarité des services de base.
Entre solidarité citoyenne et responsabilités publiques
Si l’intervention a été largement saluée par les habitants, elle relance également le débat sur le rôle des initiatives individuelles face aux missions traditionnellement dévolues aux politiques publiques.
Dans plusieurs zones rurales, les actions ponctuelles d’acteurs publics ou communautaires compensent souvent les lenteurs structurelles des programmes d’équipement. Une dynamique qui interroge sur la nécessité d’une planification plus anticipative pour éviter la répétition de telles crises.
L’eau, un enjeu central du développement territorial
L’opération intervient dans un contexte national marqué par la volonté des autorités, notamment le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, de promouvoir un développement territorial plus équilibré à travers les orientations du programme Sénégal Vision 2050.
Mais sur le terrain, l’épisode de Thiomby rappelle que la réussite de ces ambitions dépendra largement de la capacité à sécuriser durablement les services essentiels, au premier rang desquels figure l’accès à l’eau potable.
Une crise locale, un enjeu national
Plus qu’un simple dépannage technique, l’intervention menée à Thiomby apparaît ainsi comme le symbole d’un défi national : garantir aux populations rurales des infrastructures résilientes capables de résister aux pannes et aux aléas.
En pleine période de Ramadan, la résolution rapide de la crise aura apporté un soulagement immédiat.








