La participation du maire de Serigne Mboup au Salon International de l’Agriculture de Paris dépasse le cadre d’une simple présence institutionnelle. À travers son intervention dans la capitale française, l’édile de Kaolack a surtout posé les bases d’une stratégie de diplomatie économique visant à repositionner les territoires sénégalais dans les circuits internationaux d’investissement agricole et agro-industriel.
Une vitrine internationale pour attirer les capitaux
Dans un contexte marqué par la recherche de nouvelles opportunités de financement pour l’agriculture africaine, la prise de parole du maire s’inscrit dans une logique de promotion économique territoriale. Devant investisseurs, opérateurs agricoles et décideurs économiques réunis à Paris, Serigne Mboup a présenté le potentiel productif du Sénégal, mettant particulièrement en avant les capacités commerciales et logistiques de Kaolack, considérée comme un carrefour stratégique du bassin arachidier.
L’objectif affiché : convaincre les partenaires internationaux que les collectivités locales peuvent devenir des pôles d’investissement crédibles, capables d’accompagner la transformation agricole et la création de chaînes de valeur compétitives.
L’entrepreneuriat féminin comme levier de croissance
Sous l’angle économique, l’intervention a également insisté sur la nécessité d’un meilleur accès au financement pour les femmes entrepreneures. Selon le maire, l’économie locale ne pourra atteindre un niveau de croissance durable sans une inclusion plus forte des initiatives portées par les femmes, notamment dans la transformation agroalimentaire et le commerce.
Ce plaidoyer rejoint une tendance observée dans plusieurs économies africaines où l’entrepreneuriat féminin constitue un moteur essentiel de création d’emplois informels et formels. L’enjeu, selon lui, reste désormais la structuration des mécanismes d’accompagnement et la réduction des barrières administratives et financières.
Diaspora et investissements : un potentiel encore sous-exploité
Autre axe majeur de son discours : la contribution économique de la diaspora africaine. Serigne Mboup a souligné le paradoxe entre l’importance des investissements réalisés par les Africains en Europe et leur faible orientation vers des projets productifs structurants dans leurs territoires d’origine.
D’un point de vue économique, cette réflexion ouvre le débat sur la mise en place d’outils financiers adaptés — fonds d’investissement territoriaux, garanties publiques ou incitations fiscales — capables de transformer les transferts individuels en investissements collectifs générateurs de valeur.
Vers une territorialisation des politiques économiques
Au-delà du message politique, la participation de Kaolack à ce rendez-vous international illustre une évolution notable : les collectivités locales cherchent désormais à jouer un rôle direct dans la diplomatie économique, traditionnellement réservée aux États.
En mettant en avant les besoins des porteurs de projets et la nécessité d’une synergie entre pouvoirs publics et secteur privé, le maire de Kaolack défend une approche décentralisée du développement économique. Une stratégie qui pourrait, à terme, renforcer l’attractivité des villes secondaires sénégalaises et accélérer la transformation locale des productions agricoles.
Ainsi, la présence de Kaolack au Salon de l’Agriculture apparaît moins comme un événement protocolaire que comme une opération de positionnement économique international, visant à connecter les initiatives locales aux dynamiques globales d’investissement et d’innovation agricole.








