À Ziguinchor, le GIE NABANCO KANOU, dirigé par Malamine Camara, s’impose progressivement comme un acteur dynamique de la filière de la noix de cajou. Regroupant plus d’une centaine de producteurs disposant chacun de plusieurs hectares exploitables, ce groupement d’intérêt économique ambitionne de renforcer la chaîne de valeur du cajou et d’améliorer les revenus de ses membres.
Une organisation collective au service des producteurs
Créé pour structurer la production locale, le GIE NABANCO KANOU rassemble aujourd’hui plus de 100 producteurs engagés dans la culture de la noix de cajou. Ensemble, ils exploitent plusieurs centaines d’hectares et génèrent une production collective estimée à près de 300 tonnes de noix de cajou brutes.
L’objectif principal du groupement est clair : devenir un acteur structuré et compétitif de la filière cajou, tout en s’orientant progressivement vers la transformation industrielle locale.
Pour atteindre cette ambition, le GIE s’est fixé plusieurs priorités stratégiques :
optimiser les techniques de récolte ;
améliorer les capacités de stockage ;
structurer la commercialisation ;
réduire les pertes post-récolte ;
accroître la rentabilité des producteurs ;
préparer l’implantation d’une unité locale de transformation de la noix de cajou.
Un marché international en pleine expansion
La noix de cajou constitue aujourd’hui un produit agricole stratégique sur le marché mondial. Très prisée par les transformateurs et les consommateurs, elle alimente un commerce international dominé notamment par l’exportation vers l’Asie et l’Europe.
Les principaux débouchés concernent notamment des pays comme Inde et Vietnam, qui figurent parmi les plus grands transformateurs mondiaux de cajou. L’Europe représente également un marché important pour la consommation finale.
Dans ce contexte, plusieurs opportunités s’ouvrent pour les producteurs sénégalais :
une demande internationale en constante hausse ;
un faible niveau de transformation locale, laissant un fort potentiel industriel ;
la volonté des États africains d’encourager la transformation sur place ;
la possibilité d’accéder à des contrats d’exportation structurés.
Des réalisations concrètes sur le terrain
Depuis sa création, le GIE NABANCO KANOU a déjà enregistré plusieurs avancées notables. L’organisation a réussi à fédérer plus d’une centaine de producteurs autour d’un objectif commun : structurer la filière cajou à l’échelle locale.
Parmi les principales réalisations :
la mise en place d’un système de collecte groupée des noix de cajou ;
l’augmentation progressive des volumes commercialisés ;
le développement de relations commerciales avec des collecteurs et exportateurs ;
la participation à la valorisation de la production locale.
Des relations commerciales en développement
Aujourd’hui, les principaux clients du groupement sont constitués de collecteurs locaux, de grossistes spécialisés dans la noix de cajou, ainsi que d’exportateurs opérant vers les marchés asiatiques, notamment l’Inde et le Vietnam.
Toutefois, les transactions commerciales restent pour l’instant majoritairement basées sur des relations de confiance et de partenariat, sans contrats formels à long terme avec les importateurs. Une situation que le GIE souhaite faire évoluer afin de sécuriser ses débouchés et stabiliser les revenus des producteurs.
Vers une transformation locale du cajou
Au-delà de la production et de la commercialisation des noix brutes, le GIE NABANCO KANOU affiche une vision plus ambitieuse : participer à la transformation industrielle locale du cajou.
Une telle évolution permettrait non seulement d’augmenter la valeur ajoutée du produit, mais aussi de créer des emplois pour les jeunes et les femmes, tout en renforçant l’économie agricole locale.
Dans une région comme Ziguinchor, où l’agriculture reste un pilier du développement économique, l’initiative du GIE NABANCO KANOU illustre la volonté des producteurs de passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture organisée, rentable et tournée vers les marchés internationaux.
Si les défis restent nombreux, notamment en matière de financement, d’infrastructures et de structuration commerciale, les perspectives de la filière cajou demeurent prometteuses pour les producteurs du sud du Sénégal.








