À Kaolack, la prière de la Korité célébrée ce vendredi 20 mars 2026 à la mosquée de feu Imam Aliou Ndao n’a pas seulement marqué la fin du mois béni de Ramadan. Elle a aussi été le théâtre d’un sermon fort, presque interpellateur, de l’Imam Abdoulaye Ndao, qui a choisi de briser le ton habituellement consensuel pour adresser un message direct à la communauté musulmane… mais aussi à ses propres guides.
Dans une atmosphère de ferveur religieuse, le guide spirituel a rappelé avec insistance que le Ramadan n’est pas une simple parenthèse spirituelle, mais une véritable épreuve de transformation intérieure. « Le jeûne est une école de discipline et de maîtrise de soi », a-t-il martelé, appelant les fidèles à prolonger cette exigence au-delà du mois sacré.
Mais très vite, le sermon a pris une tournure plus grave.
Une société en perte de repères
Face à des fidèles attentifs, l’Imam a dressé un constat sans détour : celui d’une société en perte progressive de ses fondements moraux. Respect, tolérance, solidarité — autant de valeurs héritées des anciens qui, selon lui, s’effritent dangereusement.
Dans un ton alarmiste, il a dénoncé l’émergence de comportements « en rupture avec l’éthique islamique », pointant du doigt une banalisation de pratiques jugées contraires aux enseignements religieux.
Un message qui vise aussi les guides religieux
C’est sur ce terrain que le sermon a véritablement marqué les esprits.
Sans citer de nom, l’Imam Abdoulaye Ndao a ouvertement critiqué l’attitude d’un chef religieux, évoquant « une maladresse » et « un manque de responsabilité ». Une sortie rare dans ce type de prêche, qui met en lumière une exigence de redevabilité au sein même des sphères religieuses.
À travers cette prise de position, il rappelle une réalité souvent tue : les leaders religieux ne sont pas au-dessus de l’exemplarité qu’ils prêchent. « Celui qui guide doit d’abord se guider lui-même », a-t-il laissé entendre en substance, appelant à plus de retenue, de rigueur et de cohérence dans les discours publics.
Retour à la Sunna : une urgence, pas un choix
Face à ce qu’il perçoit comme une dérive collective, l’Imam a lancé un appel pressant au retour aux fondamentaux de l’islam, notamment à travers la Sunna du Prophète Mouhammad (PSL).
Pour lui, la solution ne réside ni dans les discours, ni dans les apparences, mais dans l’incarnation réelle des valeurs : la foi (taqwa), la droiture et l’exemplarité dans les actes du quotidien.
Entre avertissement et appel à l’unité
Malgré la fermeté du ton, le message se veut rassembleur. L’Imam Abdoulaye Ndao a insisté sur la nécessité de préserver l’unité de la communauté musulmane, appelant à renforcer les liens fraternels et à éviter les divisions.
Mais le message est clair : l’unité ne peut se construire sans vérité ni responsabilité.
Un sermon qui dépasse le cadre religieux
Au-delà du cadre spirituel, cette intervention s’impose comme un véritable discours social et moral. Elle pose une question centrale : quelle direction pour une société qui s’éloigne de ses valeurs fondatrices ?
En filigrane, l’Imam appelle à une prise de conscience collective, où chaque citoyen — fidèle ou leader — est interpellé sur son rôle dans la préservation du tissu social.








