La Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS – Jarin Askan wi) est montée au créneau ce jeudi 2 avril 2026 pour dresser un bilan sévère des deux années de gouvernance du parti PASTEF. Face à la presse, son président Nicolas Ndiaye, entouré de plusieurs responsables de la coalition, a dénoncé « une trajectoire de décadence » touchant tous les secteurs du pays.
Dans une déclaration au ton ferme, Nicolas Ndiaye a estimé que « le Sénégal, loin d’avoir été relevé, a été fragilisé », évoquant une rupture non pas porteuse d’espoir, mais « de stabilité et de confiance ».
La CDS identifie ainsi sept domaines majeurs de “décadence” :
● Financière : une perte de crédibilité de l’État, une dégradation des relations avec des partenaires comme le Fonds Monétaire International (FMI) et l’absence de plan de redressement économique clair.
● Économique : des décisions jugées arbitraires, notamment dans les BTP et la filière arachidière, avec des politiques incohérentes affectant la production.
● Sociale : licenciements massifs, tensions dans l’éducation et la santé, et gestion répressive des revendications sociales.
● Judiciaire : une justice perçue comme instrumentalisée, avec des détentions prolongées suivies de relaxes.
● Diplomatique : un effacement du Sénégal sur la scène internationale et une perte d’influence.
● Institutionnelle : une confusion des rôles au sommet de l’État et une focalisation prématurée sur l’élection de 2029.
● Morale et intellectuelle : un affaiblissement du débat public et une dégradation de la parole politique.
Abordant la question diplomatique, Nicolas Ndiaye a vivement critiqué le refus des autorités de soutenir la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies.
Selon lui, cette décision traduit un « manque de discernement », soulignant que l’Afrique gagnerait à être représentée à ce niveau. Il a également dénoncé l’absence de procédures judiciaires formelles contre l’ancien chef de l’État, malgré certaines accusations évoquées dans le débat public.
Au-delà du constat, la CDS appelle à une mobilisation des forces démocratiques pour construire une alternative crédible.
« Il ne suffit pas de constater, il faut agir », a insisté Nicolas Ndiaye, plaidant pour :
■ l’unité de l’opposition,
■ une préparation rigoureuse des échéances électorales,
■ et la construction d’un projet fondé sur « la compétence, la rigueur et l’éthique ».
En conclusion, le président de la CDS a lancé un appel solennel à un « sursaut national », alertant sur une « lente dégradation » du pays plutôt qu’une crise brutale.
« Le Sénégal mérite l’excellence, la stabilité et la grandeur », a-t-il déclaré, estimant que l’inaction face à la situation actuelle constituerait « une faute politique et morale ».
Moussa Diba








