L’Agence de Régulation des Marchés (ARM) a franchi une étape majeure dans la consolidation de son rôle au cœur des politiques publiques agricoles et alimentaires au Sénégal. Réunie en atelier ce vendredi dans un hôtel de la capitale, l’institution a procédé à la validation de son Plan stratégique de développement (PSD) 2026-2030, en présence de plusieurs autorités et partenaires.
Parmi les personnalités présentes figuraient le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Diop Gueye, le président du Conseil de surveillance de l’ARM, Moussa Ba, ainsi que la représentante de l’Enabel, Aissatou Keita. L’atelier a également enregistré la participation d’acteurs majeurs des filières horticoles (oignon, pomme de terre, riz, banane, mangue, orange), de commerçants, d’importateurs et d’exportateurs.
Le PSD 2026-2030 s’inscrit dans une vision ambitieuse visant à renforcer la qualité de la régulation des marchés agricoles au profit des producteurs et des consommateurs. Il repose sur le développement de capacités matérielles et immatérielles, soutenues par un personnel qualifié et engagé.
Trois axes stratégiques structurent cette nouvelle feuille de route :
● Le développement d’un système d’information performant sur les marchés agricoles
● Le renforcement de la protection et de la régulation des marchés
● L’appui à la commercialisation et au développement des filières.
Prenant la parole, le ministre Serigne Diop Gueye a insisté sur le rôle central de l’ARM dans l’équilibre du marché :
« La régulation constitue le socle essentiel pour concilier les intérêts des producteurs, des commerçants, des distributeurs et des consommateurs, tout en garantissant le bon fonctionnement du marché. »
Le ministre a salué un plan « ambitieux et opportun », en phase avec les orientations nationales en matière de souveraineté alimentaire et de transformation économique. Il a notamment annoncé :
■ Le doublement du fonds de stabilisation, qui passera de 1 à 2 milliards FCFA
■ Le renforcement des politiques de protection des filières locales, notamment le riz, le maïs et les cultures céréalières
■ Une volonté affirmée de réduction des importations et de promotion du « consommer local »
Il a également insisté sur des enjeux clés tels que :
● Le développement du stockage, notamment les infrastructures de chaîne du froid
● L’industrialisation des produits agricoles
● L’accès aux marchés internationaux pour les productions locales
Pour le président du Conseil de surveillance, Moussa Ba, ce plan stratégique marque une nouvelle étape dans l’évolution de l’institution :
« Le PSD est le fruit d’un processus inclusif et participatif. Il vise à renforcer la gouvernance des filières, améliorer la transparence des marchés et promouvoir une économie agricole plus compétitive et inclusive. »
Il a souligné que l’ARM doit désormais faire face à :
■ Des mutations profondes des systèmes de production
■ Des exigences accrues de compétitivité
■ Des fluctuations imprévisibles des prix.
Le plan met ainsi l’accent sur :
● La digitalisation des systèmes d’information
● L’amélioration du suivi et du contrôle des marchés
● Le renforcement des capacités institutionnelles
La représentante de l’Enabel, Aissatou Keita, a salué une initiative structurante dans un contexte de transformation économique :
« Produire davantage ne suffit plus. Il faut des marchés organisés, transparents et accessibles. La régulation devient un enjeu stratégique au service de la sécurité alimentaire et de la compétitivité. »
Elle a rappelé les résultats déjà obtenus dans le cadre du projet Gungué Mbay, notamment :
● Une amélioration des rendements agricoles
● La structuration de filières
● La mobilisation d’investissements privés
● L’accompagnement de nombreux opérateurs économiques
Au-delà de la validation d’un document stratégique, cet atelier marque le lancement d’une nouvelle dynamique collective. L’ARM ambitionne de devenir une institution moderne, capable :
■》D’anticiper les crises
■ D’assurer la stabilité des prix
■》De sécuriser les revenus des producteurs
■ Et de contribuer durablement à la souveraineté alimentaire du Sénégal.
La réussite de ce plan repose désormais sur l’engagement de l’ensemble des acteurs publics, privés et partenaires techniques autour d’une vision commune : bâtir un système de marchés agricoles plus transparent, plus compétitif et résolument tourné vers le développement national.








