Le Syndicat autonome des enseignants du moyen et secondaire du Sénégal (SAEMSS) a tenu, ce 8 avril 2026, la réunion de sa Commission administrative (CA), en présence de son Secrétaire général national, El Hadji Malick Youm, ainsi que de nombreux représentants venus des différentes inspections d’académie (IA) et inspections de l’éducation et de la formation (IEF) du pays.
Placée sous le thème : « L’école sénégalaise au bord de l’année blanche : quelles stratégies pour sauver le levier de transformation de notre capital humain ? », cette rencontre a été l’occasion pour les enseignants de procéder à une évaluation approfondie de l’année scolaire 2025-2026, fortement perturbée par une crise qui perdure depuis le mois d’octobre.
Dans son intervention, le Secrétaire général national du SAEMSS a dressé un constat alarmant de la situation du système éducatif sénégalais. Il a rappelé que depuis près de sept mois, l’école est secouée par des mouvements de grève récurrents, conséquence directe, selon lui, du non-respect des engagements pris par les autorités.
Le syndicat dénonce notamment l’absence de réponses concrètes aux revendications portant sur des questions essentielles telles que la retraite, la rémunération des enseignants, la révision des textes réglementaires encadrant leur carrière, ainsi que la fiscalité jugée excessive sur les rappels de salaire. À cela s’ajoutent, selon le SAEMSS, des déclarations publiques de certaines autorités perçues comme « maladroites » et de nature à fragiliser davantage le climat social dans le secteur de l’éducation.
Revenant sur les échanges récents avec le gouvernement, notamment la rencontre du 23 mars 2026 et celle tenue la veille de cette Commission administrative, M. Youm a fait état de divergences persistantes. Il a souligné que plusieurs points soulevés par les syndicats ont été renvoyés à des études ou audits, une démarche jugée insuffisante face à l’urgence de la situation.
Face à cette impasse, le SAEMSS lance un appel solennel au Président de la République pour une implication directe en vue de trouver une issue rapide à la crise. Le responsable syndical a rappelé que l’histoire du système éducatif sénégalais a été marquée par de rares épisodes d’années blanches, notamment sous Abdou Diouf, insistant sur la nécessité d’éviter un tel scénario aux conséquences lourdes pour les élèves et l’avenir du pays.
Dans cette dynamique, le syndicat annonce la tenue prochaine d’une plénière du G7 des syndicats d’enseignants, prévue lundi prochain. Cette rencontre sera consacrée à l’évaluation du projet de protocole proposé par le gouvernement, en vue de formuler une position commune. Deux options se profilent : une désescalade en cas d’avancées significatives ou, à défaut, une intensification du mouvement.
Par ailleurs, le SAEMSS alerte sur l’état d’avancement critique de l’année scolaire. Sur un volume horaire annuel estimé à 1240 heures, plus de 150 heures auraient déjà été perdues en raison des perturbations. Avec un troisième trimestre en cours, toute aggravation de la crise pourrait compromettre irrémédiablement l’année scolaire 2025-2026.
Dans un contexte de forte tension, les enseignants réaffirment leur engagement à défendre leurs droits tout en appelant à des mesures urgentes pour préserver l’école sénégalaise, pilier fondamental du développement du capital humain.
Moussa Diba








