Nommé à la tête de l’Hôpital Dalal Jamm il y a près de huit mois, Samba Guèye affiche une ambition claire : redresser et repositionner l’établissement comme un pôle de référence au Sénégal. Entre projets structurants, lutte contre le cancer et appel à la confiance des populations, le directeur décline sa vision d’une souveraineté sanitaire renforcée.
Un engagement au service du redressement
Arrivé récemment à la direction de l’Hôpital Dalal Jamm, Samba Guèye inscrit son action dans une dynamique de réforme et de relance. « Nous avons été choisis par les autorités de l’État pour relever le niveau de l’hôpital », souligne-t-il, évoquant un travail de redressement en cours, appuyé par des investissements et un accompagnement stratégique.
L’objectif, selon lui, est clair : faire de l’établissement un acteur majeur de l’offre de soins au Sénégal, capable de répondre efficacement aux besoins des populations.
Un tournant dans la lutte contre le cancer
Présent lors de la pose de la première pierre d’un futur centre de dépistage des cancers, le directeur insiste sur l’importance de cette infrastructure. Ce centre viendra renforcer les capacités déjà existantes, Dalal Jamm étant considéré comme un centre de référence dans la prise en charge du cancer.
Pour Samba Guèye, l’enjeu est crucial :
« Le cancer n’est pas forcément incurable. Il le devient lorsqu’il est détecté tardivement. Un dépistage précoce permet une prise en charge efficace et augmente considérablement les chances de guérison. »
Ce nouveau dispositif devrait ainsi permettre de désengorger l’hôpital tout en améliorant le parcours de soins des patients.
Vers une souveraineté sanitaire
Au-delà du cancer, l’Hôpital Dalal Jamm ambitionne d’élargir son offre médicale. Parmi les perspectives annoncées figurent le développement de la greffe de moelle osseuse, mais aussi, à moyen terme, la greffe de rein, du foie et du pancréas.
« Nous voulons non seulement conserver notre place parmi les plus grands hôpitaux du Sénégal, mais aussi contribuer à la souveraineté sanitaire du pays », affirme le directeur.
Parallèlement, plusieurs spécialités médicales seront renforcées afin de positionner l’établissement comme une référence nationale dans divers domaines de la médecine.
Restaurer la confiance des populations
Face aux critiques récurrentes qualifiant l’hôpital de « mouroir », Samba Guèye tient à rétablir la vérité.
« Nous disposons de médecins compétents, de professeurs de haut niveau, de véritables sommités. Le problème, c’est que beaucoup de patients arrivent trop tard. »
Selon lui, la peur du diagnostic pousse certains malades à retarder leur consultation, compromettant ainsi leurs chances de guérison. Il lance un appel aux populations à fréquenter davantage les structures de santé dès les premiers signes.
“Un hôpital pour soigner et sauver”
Pour le directeur, la vocation première de l’hôpital reste inchangée : sauver des vies.
« Le médecin est formé pour guérir, pas pour laisser mourir. L’hôpital est un lieu où l’on soigne, mais aussi où l’on donne la vie. »
En conclusion, Samba Guèye invite à un changement de perception et à une mobilisation collective autour du système de santé :
« Dalal Jamm n’est pas un mouroir. C’est un hôpital qui construit, répare et protège la vie, avec professionnalisme. »
Propos recueillis par Jarga Ngom








