
Dans le cadre du programme Saxal Jamm par l’ONG 3D, le COSCE et GRADEC, avec l’appui financier de l’Union européenne a organisé à Dakar un colloque régional sur « La contribution de la société civile dans la consolidation de la paix et la stabilité politique en Afrique de l’Ouest ». La rencontre, présidée par Mme Aminata Touré, ancienne Première ministre du Sénégal et Haut Représentant du Chef de l’État, a rassemblé des acteurs de haut niveau, dont M. Moundiaye Cissé, coordonnateur du COSCE, M. Jean-Marc Pisani, ambassadeur de l’Union européenne, le Pr Babacar Guèye, président du COSCE, ainsi que M. Gningue de GRADEC.
L’événement s’est articulé autour de deux tables rondes consacrées à la prévention des conflits et au renforcement de la démocratie dans la sous-région. L’objectif central du colloque était de réfléchir collectivement aux moyens de bâtir des systèmes démocratiques solides et moins vulnérables aux manipulations politiques. « Nous avons mené une étude pour identifier les menaces qui pèsent sur notre démocratie et sur la sécurité. Les conclusions de ce colloque devront nourrir d’autres réflexions et initiatives », a expliqué M. Moundiaye Cissé.
Il a rappelé que les crises politiques récurrentes en Afrique de l’Ouest appellent à repenser les processus électoraux et à consolider les institutions démocratiques. Revenant sur l’expérience sénégalaise, il a cité l’épisode du troisième mandat de l’ancien président Abdoulaye Wade en 2010-2012 et le report des élections de 2021 sous Macky Sall, comme des exemples de fragilités démocratiques.
Le Coordonnateur du COSCE a également annoncé que les conclusions du colloque seront partagées avec le ministère de l’Intérieur, dans le prolongement du dialogue politique récemment tenu au Sénégal. « Nous travaillons en étroite collaboration avec l’État pour que ces recommandations puissent être intégrées dans les textes et les réformes en cours », a-t-il affirmé.
Au-delà du Sénégal, la rencontre a mobilisé des réseaux d’observateurs électoraux francophones venus de plusieurs pays africains. Ces derniers, selon M. Cissé, porteront le plaidoyer dans leurs pays respectifs afin de « faire évoluer les lignes en matière de démocratie et promouvoir des réformes consolidantes ».
Le déclassement économique de l’Afrique est l’une des causes profondes de l’instabilité du continent, a déclaré, mardi, à Dakar, le haut représentant du chef de l’Etat, Aminata Touré, estimant qu’il est impossible de bâtir “une démocratie durable dans un contexte de pauvreté généralisée”.
“Ma conviction forte, c’est qu’on ne peut pas bâtir une démocratie durable dans un contexte de pauvreté généralisée”, a-t-elle déclaré à l’ouverture officielle d’un colloque sous-régional portant sur le thème “Dialogue politique sur le processus démocratique en Afrique de l’Ouest : quelle contribution pour la Société civile ?”.
Selon Aminata Touré, il n’est pas possible de bâtir une démocratie durable “lorsque la jeunesse qui constitue l’écrasante majorité de la population ne trouve pas d’emploi et est prête à se mettre au service de toutes sortes de causes obscures pour gagner de l’argent”.
Il n’est pas non plus possible de “bâtir une démocratie durable lorsque nos populations rurales n’ont pas accès au minimum de services sociaux” ou “lorsque les hommes et les femmes sont prêts à monnayer leur bulletin de vote pour avoir de quoi nourrir leur famille”, a insisté l’ancienne Première ministre.
Le chef de la délégation de l’Union européenne au Sénégal, Jean-Marc Pisani, s’est réjoui de la tenue de ce colloque, dont l’objectif, a-t-il dit, est de “contribuer à définir des mécanismes de consolidation de la paix et de promotion d’une gouvernance démocratique qui soit inclusive et résiliente”.
“C’est une belle opportunité d’échanges, de réunir des organisations clés de la société civile, les acteurs politiques, les responsables gouvernementaux, les experts internationaux et les représentants internationaux de la paix et de la sécurité”, a-t-il dit.
Le professeur Babacar Guèye est revenu sur le sens de ce colloque, qui se tient dans un contexte marqué par “des crises politiques récurrentes, la résurgence des coups d’Etat militaires, les contestations électorales et le rétrécissement de l’espace civique”, au point qu’il est “devenu urgent de repenser le processus démocratique”.
“Ce colloque est l’occasion de confronter nos expériences, de partager les bonnes pratiques, d’identifier ensemble des pistes concrètes pour que le dialogue politique dans notre région, dans notre sous-région, soit davantage un levier de stabilité, de confiance et de progrès démocratique”, a soutenu le président du Collectif des organisations de la société civile pour les élections (COSCE).
Les participants à ce colloque de deux jours viennent d’une vingtaine de pays.








