
Les populations du village de Ngathie Boffel, situé dans la commune de Ngathie Naoudé (département de Guinguinéo, région de kaolack) ,sont monté au créneau ce weekend pour dénoncer une situation qu’elles jugent abstrait : l’annonce récurrente, depuis quatre ans, d’une prétendue coupure d’électricité dans leur localité alors que celle-ci n’a jamais été électrifiée.
« Un communiqué de la RTS Kaolack a plusieurs fois annoncé une interruption de l’électricité à Ngathie Boffel. Pourtant, aucun poteau ni infrastructure électrique n’a jamais été installée ici », a déclaré Amadou Tidiane Diallo, porte-parole des habitants, lors d’une déclaration publique.
Face à cette anomalie, les habitants ont entrepris des démarches auprès des autorités locales afin d’obtenir des explications. Mais leurs requêtes sont restées sans réponse claire, alimentant diverses hypothèses. Pour certains, il s’agirait d’une simple erreur administrative ; pour d’autres, plus sceptiques, cela pourrait révéler un possible détournement d’un projet d’électrification qui aurait été budgétisé mais jamais exécuté.
« Il est inconcevable que notre village soit considéré comme électrifié alors qu’aucune réalisation concrète ne l’atteste. Cette confusion pourrait compromettre nos chances futures de bénéficier d’un vrai raccordement si nous restons listés comme déjà desservis », a plaidé M. Diallo.
Au-delà du flou administratif, le manque d’accès à l’électricité a des répercussions majeures sur tous les aspects de la vie des habitants.
Sur le plan économique, l’absence d’énergie entrave le développement de petites activités génératrices de revenus, limite l’usage des technologies modernes et freine l’emploi local.
Côté éducation, les élèves peinent à étudier correctement faute d’éclairage adéquat. « Les lampes solaires se déchargent rapidement, et les étudiants des universités numériques rencontrent d’énormes difficultés pour suivre leurs cours ou faire des recherches, leurs ordinateurs n’ayant pas d’autonomie suffisante », explique encore Amadou Tidiane Diallo.
Le quotidien des femmes est aussi fortement impacté : pour décortiquer ou broyer le mil, elles doivent parcourir plus de dix kilomètres aller-retour, exposées à divers risques sur le trajet. Durant le mois de ramadan, les enfants doivent se déplacer chaque jour pour trouver de la glace ou de quoi désaltérer les jeûneurs.
Pendant l’hivernage, les cultivateurs perdent un temps précieux lorsque leurs machines tombent en panne, faute de moyens pour les réparer ou les alimenter, ce qui affecte durement les rendements agricoles.
Au regard de cette situation jugée injuste et préjudiciable, les populations de Ngathie Boffel lancent un appel solennel aux autorités compétentes pour l’ouverture d’une enquête transparente.
« Nous demandons que la lumière soit faite sur cette affaire. L’électricité est aujourd’hui une ressource indispensable au développement économique, social et éducatif. Il est temps que notre village sorte de l’ombre », a conclu le porte-parole.







