
Et si la lutte contre les violences basées sur le genre changeait enfin de visage ? À Kaolack, ce sont désormais les jeunes filles elles-mêmes qui montent en première ligne, non plus comme victimes silencieuses, mais comme actrices du changement social. Le Festival régional des droits de l’enfant, initié par l’ONG APROFES avec l’appui de Plan International Sénégal, en a donné une illustration saisissante.
Au-delà des discours institutionnels, l’événement a surtout mis en lumière une dynamique nouvelle : celle d’un plaidoyer porté par la jeunesse, enraciné dans les réalités communautaires et tourné vers l’action. Réunissant 168 participants issus des sphères administrative, éducative et communautaire, la rencontre s’inscrivait dans le Programme DGD 2022–2026, qui mise sur l’autonomisation des filles comme réponse durable aux violences basées sur le genre.
Le moment le plus marquant reste sans doute la prise de parole des Jeunes Championnes du Changement. D’un ton ferme et maîtrisé, elles ont brisé des tabous longtemps enfouis, dénonçant mariages précoces, discriminations et abus. Leur message est clair : protéger les filles ne relève pas uniquement de la loi, mais d’une transformation profonde des mentalités, où l’éducation et l’autonomie économique jouent un rôle central.
L’approche artistique, à travers la prestation engagée de la troupe Écoscène, a renforcé cette pédagogie du choc. En donnant un visage et une voix aux violences, le théâtre a permis de toucher les consciences là où les chiffres et les discours peinent parfois à convaincre.
La signature collective du pacte « Stop aux violences faites aux filles » a symbolisé cette volonté de passer de la parole aux actes. Plus qu’un geste protocolaire, elle engage moralement autorités, leaders communautaires et jeunes à inscrire la défense des droits des filles dans la durée.
En clôturant le festival par un concours régional de plaidoyer, les organisateurs ont fait un pari assumé : investir dans la capacité des jeunes à argumenter, convaincre et influencer leur environnement. Une manière de rappeler que le changement social ne se décrète pas, il se construit.
À Kaolack, ce rendez-vous citoyen envoie ainsi un signal fort : lorsque la jeunesse est écoutée et outillée, elle devient l’un des remparts les plus efficaces contre les violences et les inégalités. Un message qui dépasse les frontières de la région et interpelle l’ensemble du pays.








