
Au-delà de l’annonce de son retour définitif à Kossi Baye, le message de Cheikh Baye Mbaye Ibrahima Niass a surtout pris les allures d’un véritable plaidoyer en faveur du développement local. Face à la presse et à ses fidèles, le guide religieux a dressé un diagnostic sans détour des difficultés structurelles auxquelles est confrontée cette localité de la région de Kaolack.
Routes impraticables, accès limité à l’eau potable, chômage persistant des jeunes et dégradation des infrastructures de base : tels sont, selon lui, les principaux freins au développement de Kossi Baye. Une situation paradoxale, a-t-il souligné, au regard du potentiel spirituel, humain et historique dont regorge la zone.

Dans ce contexte, Cheikh Baye Mbaye Ibrahima Niass a lancé un appel solennel à l’État sénégalais, l’invitant à accompagner durablement les initiatives locales et à répondre aux besoins essentiels des populations. « Les populations attendent des actes concrets », a-t-il insisté, appelant les autorités à faire preuve de plus d’écoute et d’engagement envers les projets portés par la famille de Cheikh Ibrahima Niass.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit son retour définitif à Kossi Baye, qu’il présente comme un acte d’engagement personnel au service de sa communauté. Les projets annoncés, notamment la construction d’un musée et d’une université, sont pensés comme des leviers pour freiner l’exode rural, renforcer l’accès au savoir et valoriser l’identité locale.
S’adressant également aux talibés et aux populations, le guide religieux a appelé à la mobilisation collective et à la responsabilité citoyenne, estimant que le développement de Kossi Baye ne saurait être l’affaire d’un seul homme. « Chacun doit jouer sa partition », a-t-il martelé.
À travers ce discours, Cheikh Baye Mbaye Ibrahima Niass repositionne ainsi Kossi Baye au cœur du débat sur le développement territorial, en misant sur un modèle fondé sur la foi, le savoir , la solidarité et le tourisme religieux. Une interpellation forte qui relance la question de la prise en charge des zones à fort potentiel mais longtemps marginalisées.







