
À défaut de réponses institutionnelles, les populations du quartier Sam, en périphérie de la commune de Kaolack, ont décidé de prendre leur destin en main. Le week-end dernier, à l’occasion d’une journée citoyenne d’assainissement, riverains, jeunes et femmes ont donné corps à une forme d’engagement communautaire qui interroge, en filigrane, la gouvernance locale.
Armés de balais, de pelles et d’une volonté collective affirmée, les habitants ont nettoyé rues et concessions, mettant fin, le temps d’une journée, à l’insalubrité qui gangrène le quartier. Une initiative saluée pour son impact immédiat sur le cadre de vie, mais qui révèle surtout la capacité d’auto-organisation des populations face à des carences structurelles persistantes.
« Nous ne pouvons pas toujours attendre. En tant que citoyens, nous avons aussi un rôle à jouer », explique Cheikh Tidiane Sarr, porte-parole des habitants. Un discours qui traduit une maturité civique, mais qui souligne également les limites de l’action communautaire lorsque les problèmes relèvent des compétences des pouvoirs publics.
Car derrière le nettoyage, les défis restent entiers. La route principale du quartier, axe stratégique menant notamment au poste de santé, est fortement dégradée, entravant la mobilité des populations et l’accès aux services sociaux de base. À cela s’ajoute l’absence d’un réseau d’assainissement adéquat, source d’inondations récurrentes et de risques sanitaires, surtout en période d’hivernage.
À Sam, la mobilisation citoyenne apparaît ainsi comme un palliatif, mais aussi comme un signal adressé aux autorités locales et étatiques. En montrant l’exemple, les populations posent une question centrale : jusqu’où les citoyens doivent-ils compenser les insuffisances des politiques publiques ?
Plus qu’une simple opération de salubrité, cette journée d’assainissement met en lumière une communauté debout, consciente de ses responsabilités, mais en attente d’un partenariat réel avec les institutions pour des solutions structurelles et durables.








