
Le Sénégal est à un tournant décisif de son histoire. Avec une population majoritairement jeune et un marché de l’emploi sous pression, la question de l’employabilité demeure l’un des défis majeurs du pays. C’est dans ce contexte que s’inscrit le Programme Vision Sénégal 2050, porté par le président Bassirou Diomaye Faye et soutenu par son Premier ministre Ousmane Sonko, qui ambitionne de refonder le modèle économique et social du pays autour de la souveraineté, de la justice sociale et de la prospérité partagée.
Au cœur de cette vision, la jeunesse est présentée non plus comme un problème à gérer, mais comme une opportunité stratégique à valoriser. Encore faut-il identifier des secteurs capables d’absorber cette main-d’œuvre abondante, tout en répondant aux impératifs de développement durable et de sécurité alimentaire. Parmi ces secteurs, la pisciculture, notamment à travers les bassins de rétention, mérite une attention particulière.
Une jeunesse en quête d’opportunités concrètes
Chaque année, des milliers de jeunes arrivent sur le marché du travail, souvent sans perspectives claires. Malgré les efforts consentis dans l’éducation et la formation, l’économie peine encore à créer suffisamment d’emplois décents. Vision 2050 propose une rupture : développer des filières productives locales, créatrices de valeur et d’emplois, capables de retenir les jeunes dans leurs territoires.
Dans cette logique, l’agriculture et l’économie bleue occupent une place centrale. Mais au-delà de la pêche traditionnelle, aujourd’hui confrontée à la surexploitation des ressources marines, l’aquaculture et la pisciculture apparaissent comme des alternatives durables.
La pisciculture, un levier économique sous-exploité
La pisciculture, à travers les bassins de rétention d’eau, offre plusieurs avantages. Elle est relativement accessible, peut être développée aussi bien en milieu rural qu’en périphérie urbaine, et génère des emplois directs et indirects : construction des bassins, élevage, alimentation des poissons, transformation, transport et commercialisation.
Pour de nombreux jeunes, notamment ceux n’ayant pas suivi de longues études, ce secteur représente une porte d’entrée vers l’auto-emploi et l’entrepreneuriat local. Bien encadrée, la pisciculture peut également attirer des jeunes diplômés dans les domaines de l’agronomie, de l’environnement, de la gestion ou de la transformation agroalimentaire.
Sécurité alimentaire et souveraineté nationale
Au-delà de l’emploi, la pisciculture contribue à un autre objectif clé de Vision 2050 : la sécurité alimentaire. Le poisson constitue une source essentielle de protéines pour les ménages sénégalais. Développer une production piscicole locale permettrait de réduire la dépendance aux importations, de stabiliser les prix et d’assurer une disponibilité régulière de produits halieutiques.
Les bassins de rétention, en particulier, présentent un double intérêt : ils favorisent la gestion durable de l’eau tout en servant de supports à l’élevage piscicole. Dans un contexte de changements climatiques et de stress hydrique, cette approche intégrée apparaît comme une solution intelligente et résiliente.
Des défis à relever pour une réussite durable
Toutefois, la pisciculture ne saurait être une solution miracle. Sa réussite dépendra de plusieurs facteurs : formation technique des jeunes, accès au financement, accompagnement institutionnel, organisation des marchés et respect des normes environnementales. Sans un cadre structuré et une volonté politique forte, les initiatives risquent de rester isolées et peu pérennes.
Vision Sénégal 2050 offre justement l’opportunité de structurer ces filières, en les intégrant dans une stratégie nationale cohérente, orientée vers la création d’emplois durables et la transformation locale des ressources.
Une piste sérieuse pour l’avenir
Face au chômage des jeunes et aux défis alimentaires, la pisciculture avec les bassins de rétention s’impose comme une solution crédible, en phase avec les ambitions de Vision 2050. Elle incarne cette nouvelle approche prônée par les autorités : produire localement, employer localement et nourrir durablement les populations.
Reste désormais à passer du discours à l’action, afin que cette vision devienne une réalité tangible pour la jeunesse sénégalaise, véritable pilier du Sénégal de demain.








