
L’Association des Commerçants et Industriels du Sénégal (ACIS) a fait face à la presse ce mardi pour tirer la sonnette d’alarme sur les effets de la concurrence étrangère déloyale et les risques majeurs que pose l’affaire Softcare pour la santé publique. La rencontre s’est tenue en présence de plusieurs membres de l’ACIS, de l’Honorable député Mouhamed Guy Marius Sagna, ainsi que du président de l’Association des boutiquiers du Sénégal et d’autres acteurs du secteur commercial.
Prenant la parole, Mouhamed Seck, secrétaire général adjoint de l’ACIS, a rappelé que cette conférence de presse vise à attirer l’attention de l’opinion nationale et des autorités sur une situation qu’il qualifie de « grave et urgente ».
« Depuis plusieurs années, notre association alerte l’État sur les pratiques de certains opérateurs étrangers qui cherchent à affaiblir, voire à éliminer les commerçants et industriels sénégalais », a-t-il déclaré.
Selon lui, au-delà des pertes économiques subies par les acteurs nationaux, ces pratiques constituent une menace directe pour la santé des populations. Il dénonce notamment le non-respect des cahiers de charges, des licenciements abusifs d’employés sans sanctions, ainsi que l’importation illégale de produits finis destinés au marché local, alors que certaines entreprises sont censées produire sur place.
Plus grave encore, l’ACIS affirme avoir constaté des pratiques particulièrement dangereuses, telles que :
le recyclage de déchets plastiques provenant de la décharge de Mbeubeuss pour l’emballage de denrées alimentaires ;
la fabrication de conduites et de réservoirs destinés à l’eau potable à partir de matériaux impropres ; la mise sur le marché de produits non autorisés.
« Tout cela constitue non seulement une concurrence déloyale, mais surtout une menace directe pour la santé des Sénégalais. L’affaire Softcare vient malheureusement confirmer nos inquiétudes », a insisté Mouhamed Seck.
Il a également soulevé de sérieuses interrogations sur :
le respect des normes de qualité et de sécurité sanitaire ;
les conditions d’autorisation accordées à certains acteurs étrangers ;
le rôle et l’efficacité des structures chargées du contrôle et de la protection des consommateurs.
Pour sa part, Ousseynou Loum, membre de l’ACIS, a soutenu que l’affaire Softcare n’est pas un cas isolé, mais plutôt le révélateur de failles profondes dans le système de surveillance sanitaire du pays.
« Lorsque des produits ou des services liés à la santé échappent au contrôle, ce sont les citoyens qui en paient le prix, parfois au péril de leur vie », a-t-il averti.
Il a également dénoncé la vente de produits médicaux non homologués ainsi que la prolifération de cabinets de soins étrangers non contrôlés dans plusieurs régions du Sénégal, évoquant même un lien possible entre ces dérives et l’augmentation de certaines maladies chroniques, notamment le cancer.
Face à cette situation, l’ACIS lance une alerte solennelle et formule plusieurs exigences :
● le renforcement immédiat des contrôles sur les produits et services de santé importés ;
● l’application stricte des lois contre la concurrence déloyale ;
● une transparence totale sur l’affaire Softcare, avec des enquêtes indépendantes et des sanctions exemplaires en cas de responsabilités avérées ;
● la protection des acteurs nationaux respectant les normes sanitaires.
« La santé publique ne doit jamais être sacrifiée au profit d’intérêts économiques. La vie des citoyens passe avant tout », a conclu à Ousseynou Loum.
L’ACIS appelle enfin ses membres à faire preuve de responsabilité dans la mise sur le marché de leurs produits, tout en exhortant les autorités compétentes, la société civile et les médias à se mobiliser pour que des mesures urgentes et concrètes soient prises.
Moussa Diba








