À Djilor, au cœur du Sine, les pirogues de fortune et les routes de l’exil ont trouvé un adversaire inattendu : la terre nourricière. Là où hier encore des jeunes rêvaient de départ vers l’inconnu, aujourd’hui les sillons de riz, les champs de légumes et les périmètres hors saison redonnent un sens au mot avenir.
Dans cette commune rurale du département de Foundiougne, la lutte contre l’immigration clandestine se vit au quotidien, loin des projecteurs. Elle se joue dans la boue des rizières, sous le soleil brûlant des périmètres maraîchers, et dans les regards désormais confiants des jeunes producteurs
Sous l’impulsion de la municipalité dirigée par le maire Lansana Sano, Djilor a choisi d’investir dans ce qu’elle possède de plus précieux : son potentiel agricole et humain. Riziculture, maraîchage et culture hors saison sont devenus des leviers de stabilisation sociale. Grâce à l’aménagement de périmètres agricoles, à l’accès aux semences, à l’eau et à la formation, des femmes et des jeunes retrouvent une autonomie longtemps espérée.
Mais l’engagement communal ne s’arrête pas aux champs. Il se lit aussi dans les infrastructures sociales. À Djilor, la santé n’est plus un luxe. De deux postes de santé en 2014, la commune est passée à cinq aujourd’hui. Trois infirmiers chefs de poste ont été recrutés et rémunérés sur fonds propres, tandis que les dotations annuelles ont bondi de 100 000 à 850 000 francs CFA par structure. Des ambulances, obtenues grâce à des partenaires italiens et français, sillonnent désormais les pistes, rapprochant les soins des populations selon M Sano .
» Même le sport devient un outil de cohésion et de prévention. Un stade municipal est en cours de construction sur fonds propres, avec l’ambition d’aménager une piste d’athlétisme dès l’année prochaine. « Occuper sainement la jeunesse, c’est aussi prévenir les départs », confie – t- il .








