À Gandiaye, dans l’arrondissement de Ngothie, région de kaolack une dynamique agricole discrète mais porteuse d’espoir est en train de redessiner les rapports de force dans le monde rural. La Société coopérative des groupements inter-villageois (S-Coop-Gipa) a fait un choix assumé : placer les femmes et les jeunes au centre de la production agricole, au nom de la souveraineté et de la sécurité alimentaires.
Dans les champs comme dans les unités de transformation, les femmes s’imposent désormais comme des actrices clés de la chaîne de valeur agricole. De la production à la valorisation des récoltes, elles bénéficient d’un accès privilégié aux intrants et aux projets structurants mis en place par la coopérative. Une approche que la S-Coop-Gipa qualifie de discrimination positive, conçue comme un levier de justice sociale et d’efficacité économique.
Les jeunes, longtemps tentés par l’exode rural, trouvent eux aussi leur place dans cette stratégie. En leur réservant une part importante des appuis agricoles, la coopérative parie sur la relève générationnelle et la modernisation de l’agriculture locale. « Sans jeunesse, il n’y a pas d’avenir agricole », rappelle souvent son président, Sidy Bâ, lors des rencontres communautaires.
Réunis en assemblée générale annuelle, les sociétaires ont dressé le bilan d’une année marquée par des résultats encourageants, tant sur le plan des productions que sur la gestion financière. Un fait notable : le remboursement intégral des créances par les membres, signe d’une gouvernance rigoureuse et d’une confiance renouvelée au sein de la coopérative.
Au-delà des chiffres, la S-Coop-Gipa revendique une vision profondément ancrée dans les réalités locales. « Il ne faut jamais confier son ventre à l’étranger », martèle Sidy Bâ, en écho à la politique nationale de production et de consommation locales prônée par l’État du Sénégal.
Avec l’appui des pouvoirs publics et des partenaires techniques, la coopérative entend renforcer cette dynamique en 2026, en misant sur des projets agricoles durables, inclusifs et résolument tournés vers l’autosuffisance alimentaire. À Gandiaye, l’agriculture n’est plus seulement une activité de subsistance : elle devient un projet collectif, porté par les femmes, les jeunes et une vision paysanne affirmée.








