Le Ministère des Transports terrestres et aériens, à travers le Conseil exécutif des Transports urbains durables (CETUD), a procédé au lancement officiel du projet de Soutien à la Transition vers la Mobilité électrique, à l’occasion d’un atelier national réunissant les principaux acteurs institutionnels, techniques, économiques et partenaires du secteur des transports et de l’énergie.
Un enjeu climatique et urbain majeur
Entre 1990 et 2021, les émissions de gaz à effet de serre du Sénégal ont augmenté de 104 %. En 2021, le secteur des transports représentait 35 % des émissions énergétiques de CO₂, une situation exacerbée par le vieillissement du parc automobile, la faiblesse des normes de carburant et la concentration de 72 % du parc national dans la région de Dakar.
Identifié comme un secteur clé dans les Contributions Déterminées au niveau National (CDN), le transport fait néanmoins face à plusieurs contraintes structurelles limitant le développement de la mobilité électrique : capacités institutionnelles et techniques encore insuffisantes, déficit d’information influençant les comportements des usagers, absence de cadres réglementaires et normatifs adaptés, mécanismes financiers encore embryonnaires, ainsi que l’insuffisance d’un cadre de gestion environnementale de long terme, notamment pour la fin de vie des batteries et des véhicules.
Mis en œuvre en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et sous la coordination du Conseil exécutif des Transports urbains durables, ce projet, soutenu par le Fonds pour l’Environnement mondial (FEM 8e Cycle), vise à accompagner le Sénégal dans la préparation et la structuration d’une transition progressive vers la mobilité électrique, en cohérence avec les engagements climatiques du pays et les orientations nationales en matière de développement durable.
Un projet de préparation et de structuration
Le projet de soutien à la transition vers la mobilité électrique s’inscrit dans une démarche progressive, réaliste et structurante, visant à préparer les prérequis techniques, institutionnels, réglementaires et environnementaux nécessaires à un développement maîtrisé de la mobilité électrique au Sénégal.
Cette approche s’inscrit dans la dynamique nationale d’électrification et de renforcement du système énergétique, condition essentielle à l’émergence d’usages électriques durables dans le secteur des transports. À ce titre, le développement des ressources nationales en gaz naturel contribue au renforcement des capacités de production d’une électricité plus disponible, plus compétitive et à plus faible intensité carbone, indispensable à l’accompagnement de nouveaux usages.
La mobilité électrique est ainsi envisagée comme un mode pilote, appelé à se développer de manière graduelle, en cohérence avec les choix structurants de l’État en matière d’électrification, de souveraineté énergétique et de développement économique, dans une logique de durabilité, d’efficacité et de maîtrise des impacts environnementaux.
Des impacts environnementaux et socio-économiques significatifs
Les bénéfices environnementaux globaux attendus du projet sont estimés à 563 002 tonnes de CO₂ équivalent en impacts directs et 1 293 054 tonnes en impacts indirects sur la période 2029–2039, avec des co-bénéfices importants en matière de qualité de l’air, de sécurité énergétique, de création d’emplois et de développement de nouvelles opportunités économiques.
Quatre axes d’intervention structurants
Le projet s’articule autour de quatre axes complémentaires :
le renforcement du cadre institutionnel et réglementaire pour accompagner la transition vers les véhicules électriques ;
la mise en œuvre de projets pilotes de démonstration, notamment pour les services de rabattement vers le Bus Rapid Transit de Dakar (BRT) et le Train Express Régional (TER) ;
la préparation de la montée en puissance de la mobilité électrique dans les systèmes de transport public et logistique ;
la garantie de la durabilité environnementale à long terme, à travers l’intégration des énergies renouvelables, la gestion de la fin de vie des batteries et des véhicules, et la promotion de modèles économiques circulaires.
À travers ce projet, le Sénégal pose les bases d’une transition réfléchie vers des solutions de mobilité plus propres, plus efficaces et mieux adaptées aux réalités nationales, au service d’un développement urbain durable et inclusif.








