Derrière les murs des universités sénégalaises, une crise silencieuse mais profonde se dessine, menaçant directement l’avenir du pays. Retards de salaires du personnel universitaire, dégradation des conditions d’études et précarité sociale grandissante constituent autant de signaux alarmants d’un système en souffrance. Sacrifier les étudiants aujourd’hui, c’est compromettre le Sénégal de demain.
Au Centre régional des œuvres universitaires et sociales (CROUS) du Sine Saloum, la situation illustre avec acuité les dysfonctionnements structurels qui gangrènent l’enseignement supérieur. Le non-paiement récurrent des salaires des agents, dénoncé par le Syndicat des travailleurs des établissements scolaires et universitaires (STESU), impacte directement le fonctionnement des services sociaux universitaires. Restauration perturbée, hébergement précaire, encadrement insuffisant : les étudiants en subissent les conséquences au quotidien.
Pour Cheikhou Oumar Sy, cette situation est inacceptable. « L’étudiant n’est pas un simple bénéficiaire passif des politiques publiques », souligne-t-il, rappelant le rôle central de la jeunesse universitaire dans le développement national.
Un point de vue partagé par Théodore Chérif Monteil, ancien parlementaire, qui estime que « l’étudiant est un acteur central du développement, un investissement stratégique pour la nation. Lorsque l’État faillit à garantir des conditions d’études dignes, c’est tout le projet de construction nationale qui vacille ». Il s’interroge également sur l’avenir du pays : « Comment former une élite compétente, responsable et engagée dans un contexte de précarité permanente ? »
Selon Cheikhou Oumar Sy, cette situation alimente une indignation croissante au sein de la société civile, des organisations syndicales et des acteurs politiques. Pour nombre d’observateurs, il ne s’agit plus d’une simple crise administrative ou budgétaire, mais d’un véritable choix politique aux conséquences lourdes. Négliger l’université, c’est accepter la reproduction des inégalités, favoriser le décrochage académique et encourager la fuite des cerveaux.
À Kaolack comme ailleurs, des voix s’élèvent pour rappeler que l’éducation ne constitue pas une charge, mais un pilier fondamental du développement durable. Les investissements réalisés aujourd’hui dans l’enseignement supérieur détermineront la capacité du Sénégal à relever les défis économiques, sociaux et technologiques de demain.
Face à cette urgence, Cheikhou Oumar Sy et Théodore Chérif Monteil interpellent les autorités. Restaurer la dignité du personnel universitaire, garantir des conditions d’études décentes et replacer l’étudiant au cœur des priorités nationales ne sont plus des options, mais des impératifs. Car un pays qui sacrifie ses étudiants choisit, consciemment ou non, d’hypothéquer son avenir.








