Face aux défis économiques, sociaux et migratoires qui interpellent aujourd’hui le Sénégal, l’agriculture revient au cœur du débat national comme levier stratégique de développement. Dans une contribution intitulée « Pour une politique agricole vivante, rentable et inclusive », l’opérateur économique Elhadji Bou Goumballa propose une refondation du modèle agricole sénégalais afin d’en faire un moteur durable de croissance, d’emploi et de souveraineté alimentaire.
Une agriculture au centre des réponses économiques et sociales
Acteur engagé dans la production et la commercialisation agricole, Elhadji Bou Goumballa défend une vision pragmatique basée sur l’expérience de terrain. Selon lui, l’agriculture doit dépasser son rôle traditionnel pour devenir un véritable secteur économique structurant capable de réduire le chômage rural et de freiner l’immigration clandestine.
Dans son analyse, plusieurs contraintes continuent de freiner le potentiel agricole national : faible rentabilité de certaines filières, difficultés d’écoulement des productions, manque d’infrastructures de stockage et insuffisance de transformation locale. À cela s’ajoute une dépendance alimentaire extérieure encore importante, malgré les vastes ressources agricoles du pays.
Pour l’opérateur économique, ces difficultés contrastent avec des opportunités majeures : disponibilité de terres cultivables, jeunesse dynamique, demande croissante en produits locaux et fort potentiel agro-industriel.
Une vision structurée autour de cinq piliers
La contribution s’articule autour d’une stratégie reposant sur cinq axes majeurs visant à moderniser durablement le secteur agricole.
D’abord, une agriculture vivante, fondée sur la modernisation des techniques culturales, la mécanisation adaptée et la formation continue des producteurs, tout en intégrant les enjeux climatiques.
Ensuite, une agriculture rentable, reposant sur la réduction des coûts de production, un meilleur accès aux intrants et l’instauration de prix rémunérateurs pour sécuriser les revenus des paysans.
Le troisième pilier met en avant une agriculture inclusive, favorisant l’implication des jeunes et des femmes rurales à travers les coopératives agricoles et un accès plus équitable au financement.
La vision défendue insiste également sur une agriculture économique et industrielle, avec la transformation locale des productions et le développement de chaînes de valeur nationales capables de stimuler le “Consommer local”.
Enfin, Bou Goumballa présente l’agriculture comme une réponse structurelle à l’immigration clandestine, grâce à la création d’emplois ruraux durables et à la valorisation de l’entrepreneuriat agricole.
La filière arachidière au cœur des propositions
Pilier historique de l’économie sénégalaise, la filière arachidière occupe une place centrale dans cette contribution. L’auteur propose une organisation anticipée des campagnes agricoles, une fixation transparente du prix au producteur et la mise en place de points d’achat accessibles.
Il recommande également la digitalisation du suivi des collectes, l’amélioration des capacités de stockage et un soutien logistique accru au transport rural afin de réduire les pertes post-récolte et limiter la spéculation des intermédiaires.
L’objectif affiché est clair : sécuriser les revenus des producteurs, stabiliser le marché national et renforcer la transformation locale de l’arachide.
Vers des assises nationales de l’agriculture
Parmi les propositions phares figure l’organisation d’assises nationales sur l’agriculture, réunissant producteurs, opérateurs économiques, autorités publiques et chercheurs. Ces rencontres permettraient, selon lui, d’identifier les blocages structurels du secteur et de définir une stratégie agricole durable et applicable.
Plusieurs thématiques prioritaires sont avancées : financement agricole, mécanisation, commercialisation, transformation agro-industrielle, emploi des jeunes et lien entre agriculture et lutte contre l’émigration irrégulière.
Des impacts attendus sur l’économie nationale
À travers cette approche, Elhadji Bou Goumballa anticipe une augmentation significative des revenus agricoles, la création massive d’emplois ruraux et une réduction de l’exode vers les centres urbains ou vers l’étranger.
La mise en œuvre d’une telle politique contribuerait également, selon lui, au renforcement de la souveraineté alimentaire et à la dynamisation globale de l’économie nationale.
Un appel à un partenariat renforcé
En conclusion, l’opérateur économique appelle à un partenariat plus fort entre l’État et le secteur privé agricole. Il préconise la mise en place de mécanismes de financement adaptés, le développement de zones agricoles intégrées et un soutien accru à la transformation locale.
Pour Elhadji Bou Goumballa, l’avenir économique du Sénégal passe inévitablement par une agriculture modernisée, inclusive et économiquement viable, capable d’offrir des perspectives concrètes à la jeunesse et de repositionner durablement le pays sur la voie de l’autosuffisance alimentaire.








