À la veille de la rencontre prévue ce 23 février 2026 entre le Premier ministre Ousmane Sonko et les députés de l’Assemblée nationale, le monde rural du Saloum s’inquiète et s’insurge. Les producteurs d’arachide regroupé autour de la plateforme Aar Sunu momel dénoncent ce qu’ils qualifient de promesses non concrétisées et redoutent que la séance parlementaire ne soit qu’un « théâtre politique ».
Dans un communiqué rendu public, les paysans rappellent que leur principale préoccupation reste la commercialisation de l’arachide, source de revenus vitale pour des milliers de familles dans cette zone agricole stratégique. Selon eux, les difficultés persistent : retards dans la fixation des prix, insuffisance des points de collecte et lenteur de l’écoulement de la production fragilisent la campagne en cours.
Les critiques sont particulièrement acerbes concernant les engagements pris par le Premier ministre lors de sa visite à Ndiaffate le 5 janvier 2026. À cette occasion, Ousmane Sonko avait annoncé un volume de 450.000 tonnes d’arachides à écouler, ainsi que des mesures financières à hauteur de 175 milliards de francs CFA pour soutenir la filière. Aujourd’hui, les producteurs dénoncent l’absence de mise en œuvre de ces promesses, affirmant que ces fonds « restent rangés au tiroir de la primature ».
Bassirou Ba, président de la plateforme Aar Sunu Momel, n’hésite pas à pointer du doigt le manque de respect envers les producteurs : « Ousmane Sonko ne fait que tromper le monde rural. Il connaît-il la souffrance des populations ? Connaît-il la responsabilité d’un Premier ministre ? » s’interroge-t-il avec amertume.
Au-delà des aspects financiers, les paysans soulignent également les promesses non tenues concernant le renouvellement et l’amélioration des points de collecte, essentiels pour la bonne organisation de la filière. « Nous ne voulons pas de discours politiques, mais des solutions concrètes pour la vente de notre arachide », affirment-ils, appelant le gouvernement à agir rapidement pour réguler le marché, soutenir logistiquement les producteurs et impliquer efficacement les opérateurs agréés.
Cette interpellation survient dans un contexte où la filière arachidière demeure un pilier de l’économie rurale sénégalaise. Les acteurs du secteur attendent désormais de la rencontre avec les parlementaires des mesures concrètes et un engagement réel du gouvernement envers le monde rural, plutôt que de nouvelles annonces sans application.
Alors que le temps presse à l’approche de la fin de la campagne, le Saloum reste vigilant : la patience des producteurs qui ont faim semble atteindre ses limites face aux promesses non honorées.








