À Kaolack, le débat public mérite mieux que le tumulte organisé auquel certains tentent aujourd’hui de le réduire.
Il ne s’agit pas de sanctuariser un bilan ni de soustraire l’action municipale à la critique. Toute gestion publique appelle l’évaluation, la discussion et, lorsque cela est justifié, la contradiction. Mais encore faut-il distinguer la critique sérieuse de sa déformation.
Ce qui est à l’œuvre dans la séquence actuelle visant le Maire de Kaolack, ne relève pas d’une exigence démocratique rigoureuse. Il s’agit d’une méthode. Une méthode désormais bien identifiée : installer le soupçon avant les faits, substituer l’effet de tribune à l’analyse, et faire de la répétition une tentative de vérité. Une marque déposée du populisme pastéfien.
À Kaolack, cette mécanique ne trompe personne. Elle ne cherche pas à éclairer. Elle cherche à occuper. Elle ne construit pas un argument. Elle fabrique une impression.
Le populisme pastéfien excelle dans cet exercice. Il simplifie ce qu’il ne maîtrise pas, dramatise ce qu’il ne démontre pas et conteste ce qu’il n’a pas encore prouvé pouvoir remplacer. Il donne à voir une énergie constante, mais cette énergie, à y regarder de près, tourne sur elle-même : beaucoup d’affirmations, peu de fondations.
Le résultat est connu. Le débat se brouille, la parole publique se fragilise, et la critique elle-même perd en crédibilité à force d’être utilisée comme un instrument et non comme une exigence.
Il est pourtant une ligne simple qui devrait s’imposer : la critique n’a de valeur que lorsqu’elle repose sur des faits établis, une méthode claire et une capacité à proposer autre chose que le rejet.
À défaut, elle devient ce qu’elle prétend combattre : une forme d’irresponsabilité.
Il ne s’agit donc pas ici de défendre un bilan. Il s’agit de refuser une dérive. Car ce qui est en jeu dépasse les personnes : c’est la qualité même du débat public à Kaolack.
Une ville ne se gouverne pas par insinuation. Elle ne se construit pas par agitation. Elle ne se dirige pas par accumulation de soupçons.
Kaolack mérite un débat à la hauteur de ses enjeux. Pas un concours de décibels.
Et certaines méthodes, parce qu’elles reposent sur la confusion, l’exagération et le soupçon sans rigueur, doivent être nommées clairement : non pas une alternative, mais une impasse.
Dr Abdourahmane Ba
Citoyen de la ville de Kaolack, Sénégal
Président Think Tank FOYRE
Expert en Evaluation des Politiques Publiques, Evidence, Management et Stratégie de Développement








