Deux ans après l’accession au sommet de l’État, l’heure n’est plus aux slogans, mais au bilan. Et ce bilan, pour être honnête, appelle à la lucidité. Le peuple Sénégalais, dans un élan rare et puissant, avait fait un choix clair : celui de la rupture, de la cohérence, et d’un leadership uni, tourné vers l’intérêt supérieur de la Nation.
Aujourd’hui, une inquiétude grandit, une réalité s’impose : une dualité au sommet de l’État semble s’installer, brouillant les lignes, diluant les responsabilités et fragilisant la lisibilité de l’action publique. Ce n’est pas cela qui avait été promis. Ce n’est pas pour cela que la jeunesse s’était levée, parfois au prix fort.
Car oui, malgré des efforts notables — baisse de certaines denrées de première nécessité, ajustements sur le carburant et l’électricité — les difficultés économiques et sociales restent palpables. Dans les marchés, dans les foyers, dans les regards fatigués de cette jeunesse qui espérait un souffle nouveau, la réalité est têtue : le quotidien demeure dur.
Et dans ce contexte, le Sénégal ne peut pas se permettre le luxe de la division au sommet.
L’histoire récente nous enseigne pourtant une leçon précieuse : lorsque la Nation s’est unie derrière son équipe nationale, lors de la conquête de la coupe d’Afrique, aucun obstacle n’a résisté. Mieux encore, face aux tentatives de remise en cause de notre sacre continental, le Sénégal s’est levé comme un seul homme. Unis, nous avons résisté. Unis, nous avons vaincu.
Ce même esprit, ce même souffle d’unité qui s’exprimait dans “Diomaye Moy Sonko”, symbole d’une convergence et d’une espérance collective, semble aujourd’hui s’effriter au sommet de l’État.
Pourquoi cette même énergie ne serait-elle pas possible au sommet de l’État ?
Monsieur le Président, Bassirou Diomaye Faye,
Monsieur le Premier ministre, Ousmane Sonko,
Le moment est venu de vaincre les démons de la division. Le moment est venu de retrouver l’esprit des premiers jours : celui de la confiance, de la solidarité, et d’un cap partagé. Gouverner, ce n’est pas coexister dans la confusion ; c’est incarner une vision commune, lisible, et rassurante.
Ousmane Sonko, vous avez porté tout haut les couleurs d’une génération décomplexée qui a fini par inspirer d’autres au-delà de nos frontières. Vous n’avez pas le droit de casser cette dynamique.
Bassirou Diomaye Faye, votre accession au pouvoir a symbolisé la rupture et donné l’espoir que tout est possible dans la vie tant qu’on y croit. Vous avez le devoir de ne pas décevoir.
Ce message n’est ni une attaque, ni un reniement, il est un appel. Un appel sincère, patriotique, presque urgent.
Unissez-vous.
Ne serait-ce que pour cette jeunesse qui a tout donné.
Ne serait-ce que pour ce peuple qui continue d’espérer.
Ne serait-ce que pour l’histoire.
Car un pays ne se construit pas dans la rivalité des sommets, mais dans l’unité des responsabilités.
Le Sénégal mérite mieux que des signaux contradictoires.
Il mérite une direction claire.
Il mérite une équipe qui joue ensemble,
comme sur le terrain, comme dans les grands moments.
Unis pour vaincre.
Mamadou AW
Président du Mouvement VISION BOKK SÉNÉGAL








