Dans la zone de Waladec, située dans la commune de Djilor (région de Fatick), la campagne de commercialisation de l’arachide suscite une vive inquiétude chez de nombreux producteurs. Plusieurs paysans accusent un opérateur économique de leur avoir collecté d’importantes quantités de graines sans honorer ses engagements de paiement.
Selon Mouhamed Keita, chef du village de Kamatane Secco, l’opérateur incriminé, identifié sous le nom de Modou Fall, originaire de Tivaouane, aurait mené ses opérations avec l’appui d’un commis peseur nommé Idrissa Diawara. Ensemble, ils auraient sillonné plusieurs villages de la zone pour procéder à la collecte de l’arachide auprès des producteurs.
Les localités concernées incluent notamment Kamatane Mbar, Keur Omar, Diagane, Ban samane, Keur Kécouta et Kamatane Secco.
Dans ces villages, de nombreux agriculteurs affirment avoir remis leur production en toute confiance, dans l’espoir d’un paiement rapide conformément aux engagements pris.
« À chaque fois que nous l’appelons, il nous promet de nous payer », témoigne Samba Ba, porte-parole des populations locales. « Récemment, durant la grève des transporteurs, il nous a expliqué qu’il disposait de l’argent, mais qu’il ne pouvait pas se déplacer pour nous régler à cause des difficultés de transport », ajoute-t-il.
Des explications jugées peu convaincantes par les producteurs, qui dénoncent des promesses répétées sans suite concrète.
« Plusieurs d’entre nous évoquent des pertes financières importantes, dans un contexte où la culture de l’arachide représente notre principale source de revenus », a-t-il souligné.
Face à cette situation, les paysans parlent ouvertement d’une présumée escroquerie et envisagent de saisir les autorités administratives et judiciaires compétentes afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Ils réclament également que les responsabilités soient clairement établies et que les préjudices subis soient réparés.
Au-delà de ce cas, cette affaire met en lumière la vulnérabilité des producteurs face à certains circuits informels de commercialisation. Elle relance ainsi le débat sur la nécessité d’un meilleur encadrement du secteur arachidier, notamment en matière de régulation des acteurs et de sécurisation des transactions.
À Waladec et dans les villages environnants, l’attente se prolonge. Les producteurs espèrent toujours entrer en possession de leur dû, alors que la campagne arachidière demeure un enjeu économique majeur pour la région.








