
Alors que le Maire Serigne Mboup lançait ce vendredi des activités aquatiques en prélude aux 105 ans de la commune, Cheikh Diaw, président de l’association Actions Kaolack, a vivement dénoncé cette initiative qu’il juge « indécente » et « déconnectée des réalités » vécues par les habitants. Dans un communiqué cinglant, M. Diaw a fustigé l’utilisation de 50 millions de FCFA pour des festivités, alors que plusieurs quartiers de Kaolack sont paralysés par les inondations saisonnières.
Un contraste choquant
Alors que des familles vivent « les pieds dans l’eau » à cause des pluies diluviennes qui ont frappé la ville, le lancement d’aquagym sur la plage de Koundam est perçu comme une provocation. Cheikh Diaw rappelle que des zones entières, comme le cimetière de Camp des Gardes et le quartier de Kanda, restent submergées, malgré les interventions ponctuelles du génie militaire . « Organiser des activités récréatives dans un contexte d’urgence humanitaire est irresponsable », a-t-il déclaré, soulignant que les fonds alloués aux célébrations auraient dû être redirigés vers l’achat de motopompes et de kits d’assainissement pour soulager les sinistrés .
Des priorités budgétaires remises en question
Cette polémique s’inscrit dans un débat plus large sur la gestion municipale. Déjà en août 2025, Actions Kaolack avait interpellé le Maire sur l’incohérence des dépenses publiques, exigeant que le budget soit prioritairement consacré à la résolution des problèmes criants : inondations, manque d’infrastructures sanitaires et routes impraticables . M. Diaw questionne : « Comment justifier 50 millions pour des festivités quand des familles n’ont pas d’eau potable et que les centres de santé manquent de tout ? » .

Une réponse insuffisante face aux crises
Si le Maire a récemment mené des actions conjointes avec le génie militaire pour évacuer les eaux stagnantes , ces efforts restent perçus comme cosmétiques face à l’ampleur du problème. Les motopompes déployées par le gouvernement et les dons privés sont insuffisants pour couvrir les besoins. M. Diaw exige une stratégie durable, incluant la construction de caniveaux et la restructuration des zones inondables, plutôt que des solutions temporaires .
Appel à la transparence et à l’action
En conclusion, Cheikh Diaw conseille le Maire d’annuler les festivités des 105 ans et de réallouer les fonds vers des projets urgents. « La fierté de Kaolack ne viendra pas d’une célébration, mais de la résolution des souffrances quotidiennes de ses habitants », a-t-il insisté . Alors que la ville reste engluée dans des défis structurels, ce conflit symbolise un clivage croissant entre les priorités des élus et les attentes des citoyens.







