
Le Sénégal est en demi-finale de la CAN 2025, et cette qualification porte la marque des grandes équipes :
Sérieux, discipline et efficacité minimale mais suffisante. Face au Mali, dans un derby ouest-africain toujours chargé d’intensité et d’orgueil, les Lions de la Teranga ont su faire respecter la hiérarchie sans jamais tomber dans l’excès de confiance.
Ce quart de finale n’a pas été un match flamboyant, mais il a été maîtrisé. Et dans une compétition de ce niveau, la maîtrise vaut parfois plus que le spectacle.
Une victoire de maturité
Après un huitième de finale en demi-teinte, le Sénégal était attendu au tournant. La réponse a été claire : une équipe concentrée, organisée, et consciente de ses responsabilités. Pape Thiaw, souvent scruté dans ses choix, a opté pour un onze résolument offensif, assumant pleinement le statut de favori. Un choix courageux, mais surtout cohérent avec la richesse de l’effectif sénégalais.
L’entame fut pourtant délicate. Le Mali, fidèle à sa réputation, a mis beaucoup d’intensité dans les duels, cherchant à casser le rythme sénégalais. Mais les Lions n’ont pas paniqué. Ils ont accepté de souffrir, de laisser passer l’orage, avant de progressivement imposer leur tempo.
Le tournant du match
La clé de cette rencontre réside sans doute dans la gestion tactique et mentale des temps forts. Le Sénégal a su exploiter sa supériorité technique, mais aussi tirer profit des faits de jeu. Réduit à dix avant la pause, le Mali a été héroïque, mais cette infériorité numérique a fini par peser.
Le but inscrit à la 27ᵉ minute illustre parfaitement la montée en puissance sénégalaise. Une action construite, un centre tendu de Krépin Diatta, une hésitation du gardien malien, et Iliman Ndiaye, opportuniste et lucide, qui conclut sans trembler. Ce but n’est pas le fruit du hasard : il récompense une équipe de plus en plus présente dans le camp adverse.
Une seconde période à gérer
En seconde mi-temps, le Sénégal avait deux options : accélérer pour plier définitivement le match ou gérer intelligemment son avance. Les Lions ont tenté un équilibre entre les deux. La domination territoriale était réelle, mais l’efficacité offensive a parfois fait défaut. Les occasions concédées aux Aigles, malgré leur infériorité numérique, rappellent que le haut niveau ne pardonne aucun relâchement.
Les changements opérés par Pape Thiaw – avec l’entrée de Pathé Ciss, Lamine Camara, Chérif Ndiaye et Ibrahima Mbaye – ont apporté du sang neuf et renforcé l’équilibre de l’équipe. Le raté de Pathé Ciss face au gardien à la 72ᵉ minute restera néanmoins un symbole : ce Sénégal doit encore progresser dans la gestion des moments clés.
Un Sénégal solide, mais perfectible
Cette victoire confirme une chose : le Sénégal est une équipe mature, capable de gagner même sans briller. C’est souvent le signe des formations taillées pour aller loin. Toutefois, tout n’a pas été parfait. Certains cadres, à l’image de Habib Diarra et Habib Diallo, n’ont pas évolué à leur meilleur niveau. Et le secteur des balles arrêtées reste un chantier prioritaire, tant ces phases peuvent décider du sort d’un match en phase finale.
Le 12ᵉ Gaïndé, acteur du succès
Impossible de conclure sans saluer les supporters sénégalais. À Tanger, le 12ᵉ Gaïndé a joué pleinement son rôle. Une présence massive, une ferveur constante et un comportement exemplaire. Au-delà du football, ils ont incarné une image forte et positive du Sénégal, transformant les tribunes en véritable prolongement du terrain.








