À Kaolack, le Regroupement national des gros porteurs du Sénégal (RNGPS) a haussé le ton. Réunis en conférence de presse ce samedi 24 janvier 2026, les acteurs du transport lourd ont dressé un constat alarmant d’un secteur à bout de souffle, miné par l’inaction des autorités et des dysfonctionnements qui menacent à la fois la sécurité routière et l’économie nationale.
D’une voix ferme, Tamsir Ndiaye, président national du RNGPS, a dénoncé ce qu’il qualifie de laisser-aller institutionnel dans la gestion du transport routier. « Les réformes annoncées existent sur le papier, mais sur le terrain, rien ne change », a-t-il martelé, pointant du doigt des promesses non tenues qui plongent les transporteurs dans une précarité croissante.
Au cœur des revendications, le retour des trois postes de contrôle réglementaires, supprimés selon le regroupement au détriment de la sécurité. Pour le RNGPS, cette décision a ouvert la porte à la surcharge chronique des camions, à une concurrence anarchique et à une explosion des accidents mortels. « On a sacrifié la sécurité sur l’autel de la complaisance », accuse le président, estimant que l’État porte une part de responsabilité dans le chaos actuel sur les routes.
La question de la formation des chauffeurs a également été abordée sans détour. Le RNGPS déplore l’absence de politique sérieuse de professionnalisation, alors que les poids lourds sont régulièrement impliqués dans des drames humains. Pour les transporteurs, continuer à fermer les yeux sur cette réalité revient à accepter que la route sénégalaise demeure un cimetière à ciel ouvert.
À cela s’ajoutent les dérives administratives, notamment les erreurs persistantes sur les cartes grises, qui exposent les transporteurs à des sanctions arbitraires et à des pertes financières considérables. Une situation jugée « injuste et intolérable » par le regroupement, qui exige des corrections immédiates et sans frais.
Les relations tendues avec la douane ont, elles aussi, été dénoncées. Le RNGPS fustige des contrôles abusifs et des procédures opaques qui ralentissent le transport des marchandises et renchérissent les coûts logistiques, avec un impact direct sur les prix à la consommation. « Quand le transport est bloqué, c’est toute l’économie qui suffoque », préviennent les gros porteurs.
En conclusion, le RNGPS a lancé un ultimatum politique : soit l’État engage un dialogue sérieux et applique enfin les réformes attendues, soit le secteur du transport routier continuera de s’enfoncer dans une crise aux conséquences lourdes pour le pays. Le renouvellement du parc automobile, jugé obsolète et dangereux, a été présenté comme une urgence nationale. Un avertissement sans détour, dans un secteur où le statu quo n’est plus une option.








