À Kaolack, la controverse enfle autour du morcellement présumé du boulevard de la Liberté, un axe stratégique aujourd’hui au cœur d’un litige foncier qui suscite une vive indignation au sein de la population.
L’affaire, qui remonterait à 2022, implique l’opérateur économique Lahad Babou, cité par le collectif citoyen « Aar Kaolack » comme acteur principal d’un lotissement jugé irrégulier. Selon cette plateforme, des portions du boulevard auraient été attribuées ou exploitées en marge des règles d’urbanisme en vigueur, au mépris du caractère public de cet espace.
Révélée par la société civile, cette situation est désormais qualifiée de « scandale foncier » par plusieurs acteurs locaux. Les membres d’Aar Kaolack dénoncent une gestion opaque du domaine public et pointent du doigt une absence de transparence dans les procédures d’attribution des parcelles concernées.
Au-delà de l’opérateur économique, les critiques visent également certaines autorités administratives et municipales. L’ancien gouverneur de Kaolack, Aliou Badara Mbengue, ainsi que la mairie, sont accusés par des riverains d’avoir, directement ou indirectement, facilité l’occupation de cet espace. Des allégations qui, à ce stade, n’ont fait l’objet d’aucune confirmation officielle.
Sur le terrain, la tension reste palpable. Habitants, acteurs communautaires et organisations de la société civile exigent la restitution du boulevard et réclament l’ouverture d’une enquête indépendante pour situer les responsabilités. Certains n’excluent pas des actions citoyennes si des mesures concrètes ne sont pas prises dans les plus brefs délais.
Cette affaire met en lumière les défis persistants liés à la gouvernance foncière dans la capitale du Saloum, dans un contexte marqué par une forte pression démographique et des enjeux économiques croissants autour des espaces urbains.
En l’absence de communication officielle des autorités compétentes, le dossier du boulevard de la Liberté demeure un sujet sensible, révélateur des attentes des populations en matière de transparence, de justice et de gestion équitable des ressources publiques.








