Dans une tribune publiée ce jour, le président du Mouvement pour la Renaissance (MPR), Hamidou Thiaw, estime que les récentes attaques au Mali ne sont pas un drame isolé mais « un signal d’alarme » pour l’ensemble de la région. Il enjoint le Sénégal et son voisin malien à dépasser leurs divisions pour construire une solidarité africaine opérationnelle.
« Qu’attendons-nous pour agir ensemble ? » C’est par cette question que Hamidou Thiaw, président du MPR, ouvre sa réflexion à la suite des attaques meurtrières qui frappent actuellement le Mali. Pour lui, l’actualité sécuritaire ne peut plus être regardée depuis l’autre côté d’une frontière héritée de l’histoire. Le Sénégal et le Mali, jadis un même espace humain, restent « à jamais liés » – et partagent aujourd’hui les mêmes vulnérabilités.
L’une lutte pour sécuriser ses frontières et protéger ses populations, l’autre voit son économie s’essouffler dangereusement. Derrière ces urgences distinctes, M. Thiaw pointe une fragilité persistante de l’Afrique subsaharienne, « tant sur le plan militaire qu’économique », qui entretient selon lui une dépendance structurelle vis-à-vis de l’Occident.
« La vérité est implacable, écrit-il. Seuls, nous reculons. Ensemble, nous pouvons résister, reconstruire et prospérer. » Le responsable politique appelle à dépasser « les rivalités d’ego, les postures politiques stériles et les logiques de cloisonnement » pour bâtir une solidarité concrète : coopération économique renforcée, coordination militaire structurée, entraide institutionnalisée.
« Nous ne devons plus seulement attendre l’aide extérieure, insiste-t-il. Nous devons apprendre à nous entraider spontanément, sans condition, sans calcul, sans délai. »
Hamidou Thiaw adresse ses « condoléances les plus sincères » aux familles endeuillées par les attaques au Mali et son « soutien le plus total » au peuple malien. Mais au-delà des mots, il en appelle à l’action : « L’Afrique ne doit plus subir son destin. Elle doit le construire. Maintenant. »








