Né en 1928 à Léona Niassène, El Hadji Ousseynou Niass est issu d’une illustre famille religieuse. Il est le fils de El Hadji Babacar Niass et de Mame Seynabou Gueye, et le petit-fils de El Hadji Abdoulaye Niass, affectueusement appelé « le Grand ».
Très tôt, son destin fut marqué par l’ombre bienveillante de Cheikh Al Islam Baye Niass, qui prit en charge son éducation spirituelle après le décès de son père. Baye Niass lui vouait un amour profond et particulier.
Dans son ouvrage intitulé Rihla Conakry (Le Voyage de Conakry), Baye Niass relate lui-même s’être rendu en Guinée uniquement pour retrouver Ousseynou Niass et le ramener au Sénégal. Il disait à ce propos :
« Ce voyage, c’est uniquement pour mon fils Ousseynou Niass. Un fils qu’on m’a confié. »
Après l’avoir retrouvé, il déclara encore :
« Le livre que je cherchais, je l’ai rangé dans sa bibliothèque. »
Ces paroles illustrent la haute considération et la dimension spirituelle exceptionnelle que Baye Niass reconnaissait en lui.
Connu sous le nom de « Coobare Yallagui », expression qui traduit son abandon total et confiant à Dieu, El Hadji Ousseynou Niass incarnait la gnose divine (ma‘rifa). Il vivait pleinement la Fayda tidiane, dans une proximité constante avec son guide spirituel, qu’il voyait fréquemment en rêve.
Soufi accompli, érudit respecté, homme de prière et de discipline, il était reconnu pour la profondeur de son savoir et la bénédiction attachée à ses invocations.
Diplomate dans l’âme, il reçut de Baye Niass le wird et la tarbiya avant d’être autorisé à les transmettre à son tour. Il façonna ainsi plusieurs générations de disciples, notamment au Nigeria, où il fut le marabout de nombreuses communautés yoruba, à Lagos, Ibadan et Abeokuta.
Mais son engagement ne se limitait pas au champ spirituel. El Hadji Ousseynou Niass fut également un acteur de développement à Médina Baye. Agriculteur remarquable, il investit dans la terre et participa activement à l’autosuffisance locale. Visionnaire et entreprenant, il fut aussi l’un des premiers à posséder un bus de transport dans la cité religieuse, facilitant les déplacements des populations.
Dans la même dynamique, il créa une usine d’eau dénommée « Coobare Yallagui », contribuant à l’amélioration de l’accès à l’eau et au bien-être des habitants. Par ces initiatives, il démontrait que spiritualité et développement pouvaient aller de pair.
En reconnaissance des services rendus à la nation, il reçut des mains du président Abdou Diouf la distinction de Ordre national du Lion ainsi que l’Ordre du Mérite, hautes décorations honorant son engagement religieux et social.
Décédé en 2018 à Dakar, il repose aujourd’hui auprès de son maître au mausolée de Baye Niass à Médina Baye.
Son héritage spirituel et social demeure vivant, porté par les nombreux talibés qu’il a formés et par le souvenir d’un homme entièrement voué à Dieu, au service de l’islam et du développement communautaire.
Sarr journaliste








