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Abdoulaye Wade, le siècle qui nous guide (Dr Abdourahmane Ba, Président Think Tank Foyre)

30 mai 2026
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Abdoulaye Wade, le siècle qui nous guide (Dr Abdourahmane Ba, Président Think Tank Foyre)
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Il y a des hommes que l’on commémore parce qu’ils ont occupé le pouvoir. Il y en a d’autres que l’on interroge parce qu’ils ont déplacé la conscience d’un peuple. Maître Abdoulaye Wade appartient à cette seconde lignée. Son nom ne renvoie pas seulement à une présidence, à une alternance ou à une époque politique. Il renvoie à une question plus profonde : qu’arrive-t-il à une nation lorsqu’un homme refuse, pendant toute une vie, de se résigner aux limites que l’histoire semble lui assigner ?

Le centenaire de Wade ne saurait être conçu comme un hommage tourné vers le passé. Ce serait trop peu. Il doit être compris comme une convocation du futur. Car les grandes vies ne se ferment pas avec les calendriers ; elles continuent de demander des comptes aux générations qui les suivent. Elles nous obligent à relire nos prudences, nos renoncements, nos accommodements avec la médiocrité. Elles posent à chaque époque cette question rude : que faisons-nous de la part d’impossible que d’autres ont rendue pensable avant nous ?

Wade est né dans un siècle où l’Afrique était encore regardée comme une géographie subalterne. Il a grandi dans un monde où la parole noire devait souvent se justifier avant même d’être entendue. Il a traversé l’époque coloniale, les indépendances, les illusions du développement importé, les ajustements structurels, les espérances panafricaines, les désenchantements démocratiques, la mondialisation financière et l’entrée de l’écologie dans le cœur du politique. Rares sont les hommes d’État africains dont la vie épouse à ce point les grandes nervures du monde contemporain.

Mais l’importance de Wade ne tient pas seulement à sa longévité. La longévité peut n’être qu’une durée. Chez lui, elle devient une tension. Elle devient une manière de tenir tête au temps. Wade a occupé le siècle comme un contradicteur. Il a contesté l’idée qu’un ordre politique installé serait éternel. Il a refusé qu’un opposant africain finisse nécessairement dans la marge ou dans l’amertume. Il a rejeté l’idée qu’un petit pays devait parler bas dans le monde. Il a combattu cette langue de dépendance dans laquelle l’Afrique fut trop souvent invitée à se raconter.

Avant d’être président, Wade fut une longue patience, celle qui n’avait rien de passif. Elle portait une fièvre intérieure, une intelligence du rapport de force, une capacité rare à convertir la défaite en réserve d’énergie. L’opposition, chez lui, ne fut pas un lieu d’attente résignée. Elle fut une école. Une école de langage, d’organisation, de fidélité populaire, de préparation au pouvoir. Dans un continent où l’opposition fut souvent réprimée, divisée, achetée ou poussée vers la rupture, Wade lui a donné au Sénégal une valeur institutionnelle.

L’alternance de 2000 ne peut donc pas être lue comme une simple victoire électorale. Elle fut le moment où la République sénégalaise prouva qu’elle contenait en elle-même sa propre capacité de renouvellement. Un pouvoir ancien accepta la sanction du suffrage. Un peuple découvrit la puissance concrète de son vote. Un opposant de longue durée entra dans l’État par la porte de la légitimité démocratique. Ce jour-là, le Sénégal ne changea pas seulement de président ; il changea d’idée sur lui-même. Il comprit que l’alternance n’était pas une menace contre l’ordre national, mais une respiration supérieure de la République.

Hannah Arendt écrivait que le pouvoir correspond à l’aptitude humaine à agir de façon concertée. L’alternance ne fut pas seulement le destin d’un homme ; elle fut l’acte d’un peuple qui, par le vote, rendit visible sa propre maturité politique. Pour la jeunesse, cette leçon vaut plus que tous les slogans. La démocratie ne se réduit pas à l’expression d’une colère ou d’un populisme. Elle n’est pas l’éclat d’un instant ou d’un messie. Elle réclame une culture de l’endurance, une morale de la compétition, une discipline du désaccord. Wade a montré qu’un combat politique peut durer assez longtemps pour devenir une institution morale. Sa trajectoire dépasse donc le seul destin partisan. Elle appartient à l’éducation civique d’un peuple.

Cependant, Wade serait diminué si l’on ne voyait en lui que l’homme de l’alternance de 2000. Sa singularité se situe ailleurs encore : dans cette volonté constante de faire passer le Sénégal d’une conscience de pays stable à une conscience de pays capable. La stabilité est une vertu. Mais elle peut devenir une chambre close lorsque l’ambition s’éteint. Wade a voulu ouvrir les fenêtres. Il a voulu que le Sénégal ne se contente plus d’être cité comme exception démocratique, mais qu’il se pense comme lieu d’initiative.

Il avait compris que les nations vivent aussi de représentations. Un pays se développe avec des budgets, des ingénieurs, des textes et des institutions. Mais il se développe aussi avec l’image qu’il se fait de son propre avenir. Là réside l’une des intuitions les plus profondes de Wade : l’action publique ne produit pas seulement des ouvrages ou des services ; elle produit une psychologie collective. Elle peut installer la modestie comme destin. Elle peut, au contraire, agrandir l’idée qu’un peuple se fait de lui-même.

Les grands chantiers, chez Wade, ne relèvent pas uniquement de la politique d’équipement. Ils appartiennent à une politique de l’élévation visible. Le territoire devait parler. Les routes, les ponts, les universités, les monuments et les nouvelles centralités devaient dire quelque chose à la nation. Ils devaient rompre avec le sentiment d’un avenir toujours différé. Une infrastructure, dans cette vision, n’est pas seulement un moyen de circulation ou de production ; elle devient une phrase adressée au peuple. Cette phrase disait : nous ne sommes pas condamnés au minimum.

On peut évaluer les coûts, discuter les choix, mesurer les rendements, interroger les priorités. Il le faut. Tout grand héritage public demande une lecture évaluative. Mais l’évaluation véritable ne doit pas confondre la rigueur avec l’étroitesse. Elle doit saisir ce qu’une politique publique produit dans les comptes et dans les consciences. Wade a peut-être davantage que d’autres gouvernants africains compris cette dimension immatérielle de la transformation : une société ne se mobilise pas seulement parce que ses indicateurs changent ; elle se mobilise lorsqu’elle sent que son horizon se déplace.

Cette intuition dépasse le Sénégal car elle Elle éclaire aussi son rapport à l’Afrique. Wade n’a jamais voulu d’une Afrique qui se contente de plaider sa vulnérabilité. Il refusait cette manière, parfois imposée de l’extérieur et parfois intériorisée par nous-mêmes, de raconter le continent comme une addition de manques. Ces diagnostics peuvent contenir une part de vérité. Mais ils deviennent dangereux lorsqu’ils enferment l’Afrique dans une identité de déficit.

Le Plan Omega fut, dans ce contexte, une tentative de rupture sémantique. Il ne proposait pas seulement des secteurs d’investissement. Il proposait une autre grammaire. L’Afrique ne devait plus être l’objet d’une compassion organisée. Elle devait redevenir le sujet d’une stratégie. Il fallait cesser de demander au monde de réparer l’Afrique par fragments. Il fallait formuler une architecture continentale du rattrapage, de la productivité et de la dignité. Dans cette vision, l’aide n’était pas la matrice du développement ; l’investissement devenait le langage de la souveraineté. Wade voulait que le continent cesse de demander seulement à être aidé. Il voulait qu’il exige d’être pris au sérieux.

Aimé Césaire a laissé cette phrase de souveraineté humaine : « Aucune race ne possède le monopole de la beauté, de l’intelligence, de la force. » Elle semble écrite pour toute génération africaine appelée à reprendre possession de sa dignité créatrice. Wade, dans le domaine politique et économique, a porté une conviction voisine : aucun continent ne possède le monopole de la grandeur historique.

Voilà pourquoi sa contribution au NEPAD mérite une place centrale dans toute célébration du centenaire. Le NEPAD ne fut pas l’œuvre d’un seul homme. Il est né d’une convergence africaine. Mais Wade y apporta une empreinte identifiable : cette conviction que l’Afrique ne peut plus seulement invoquer son unité ; elle doit l’équiper. L’unité sans routes reste une nostalgie. L’unité sans énergie reste une parole. L’unité sans universités puissantes reste une intention fragile. Wade a replacé le panafricanisme dans la matérialité des conditions historiques.

C’est là que sa pensée demeure féconde. Le panafricanisme de notre temps ne peut plus vivre uniquement de mémoire, de chants, de drapeaux et de sommets. Il doit devenir une science de l’échelle. Il doit entrer dans les chaînes de valeur, dans les normes, dans les banques de développement, dans les systèmes de recherche, dans les infrastructures critiques. Wade avait pressenti que l’Afrique ne deviendrait pas puissance par émotion. Elle le deviendrait par architecture.

Léopold Sédar Senghor parlait d’une « civilisation de l’universel », pensée comme rencontre des cultures et élargissement de l’humain. Wade, dans un registre différent, a voulu que l’Afrique entre dans l’universel non comme décor, mais comme architecte. Il voulait une Afrique qui ne se contente pas d’apporter sa mémoire au monde, mais qui y apporte aussi ses projets, ses capacités, ses institutions et sa volonté de peser.

Sa disposition à accepter un rôle comparable à celui de gouverneur du Sénégal dans une Afrique fédérale dit beaucoup plus qu’une provocation. Elle révèle une pensée du pouvoir qui ose toucher au tabou de la souveraineté. Beaucoup de dirigeants africains célèbrent l’unité du continent tant qu’elle ne coûte rien à leur prérogative nationale. Wade, lui, poussait la logique jusqu’au point de vérité. Si l’Afrique veut compter face aux ensembles géopolitiques du siècle, elle devra accepter des transferts réels de compétence. Elle devra apprendre que la souveraineté ne se perd pas toujours lorsqu’elle se partage ; elle peut parfois se multiplier.

Cette idée reste en avance sur les réflexes politiques du continent. Elle dérange parce qu’elle oblige les États à distinguer l’apparence de la puissance et la puissance elle-même. Un hymne ne protège pas une monnaie. Un drapeau ne négocie pas seul face aux plateformes numériques. Une frontière ne suffit pas devant les crises climatiques, les flux financiers, les pandémies ou les chocs énergétiques. Wade pensait à l’échelle où se décident les rapports de force. Il savait que le monde respecte moins les souverainetés proclamées que les capacités organisées.

Son rôle dans la Grande Muraille verte prolonge cette pensée par une voie inattendue : celle du sol. Il y a chez Wade une dimension de bâtisseur visible ; mais il y a aussi une intuition plus profonde, presque géologique. Il a compris que l’Afrique ne gagnerait pas le siècle si elle perdait ses terres. La désertification n’est pas une question périphérique pour spécialistes de l’environnement. Elle modifie les équilibres sociaux, affaiblit les campagnes, déplace les familles, creuse les vulnérabilités, nourrit les conflits silencieux avant les conflits armés. Elle rend la souveraineté abstraite là où la terre ne nourrit plus.

La Grande Muraille verte exprime donc une idée politique majeure : protéger la terre, c’est protéger l’État à sa racine. Restaurer les sols, c’est restaurer les conditions de la paix. Refaire vivre les territoires, c’est offrir à la jeunesse rurale autre chose que l’exil ou la frustration. Wade a lié l’écologie au destin africain avant que cette liaison ne devienne une évidence internationale. Il a aperçu que le Sahel n’était pas une marge du continent, mais l’un des lieux où se joue son avenir moral et stratégique.

Frantz Fanon rappelait que, pour un peuple colonisé, la valeur la plus concrète est d’abord la terre, celle qui apporte le pain et la dignité. Cette pensée donne à la Grande Muraille verte sa profondeur politique : restaurer la terre, ce n’est pas embellir le paysage ; c’est rendre à des communautés la possibilité de demeurer debout.

Sur la scène internationale, Wade possédait une qualité rare : il ne s’excusait pas de parler. Sa parole pouvait surprendre, heurter, séduire ou diviser. Mais elle n’était jamais une parole de présence décorative. Il voulait que le Sénégal porte une voix au-delà de sa taille. Il savait qu’un pays de dimension modeste peut devenir considérable par la densité de sa diplomatie, la lisibilité de sa vision et la force de ses propositions.

Le Sénégal, sous Wade, voulut être plus qu’une référence démocratique polie. Il voulut devenir une force de proposition. Dans un monde où les puissants imposent souvent les questions avant même de discuter les réponses, Wade cherchait à déplacer la conversation. Il parlait de dette, d’infrastructures, d’Afrique, de paix, de mondialisation, de nouveaux partenariats. Il voulait que Dakar soit un lieu d’émission, non seulement un lieu de réception.

Cette attitude vaut leçon pour les diplomaties africaines d’aujourd’hui. L’Afrique ne doit plus entrer dans les forums mondiaux comme un continent expliqué par d’autres. Elle doit y entrer avec ses chiffres, ses récits, ses intérêts, ses exigences. Elle doit savoir dire non sans se fermer, dire oui sans s’abandonner, négocier sans s’excuser. La dignité internationale n’est pas une posture ; elle est une préparation.

Mais le plus remarquable, peut-être, demeure le rapport de Wade aux idées. Il ne fut pas seulement un professionnel de la politique. Il venait du droit, de l’économie, de l’université, de la controverse intellectuelle. Il croyait encore que l’action publique devait avoir une charpente conceptuelle. Cette croyance devient rare. Le monde politique contemporain produit beaucoup de messages, mais peu de doctrines. Il produit de la réaction, de la communication, des identités de circonstance. Wade, même lorsqu’il improvisait, donnait l’impression de se référer à une architecture mentale plus vaste que l’événement.

C’est cette dimension qu’un centenaire digne de lui doit transmettre à la jeunesse. La politique sans pensée devient agitation. L’expertise sans courage devient service technique. La jeunesse sans méthode devient proie facile des simplifications populistes. Wade enseigne que l’on ne transforme pas un pays avec l’indignation seule. Il faut lire, calculer, argumenter, négocier, concevoir, convaincre, supporter l’impopularité parfois, accepter l’épreuve des faits toujours.

La jeunesse sénégalaise ne devrait pas recevoir Wade comme une statue de plus dans le paysage national. Elle devrait le recevoir comme une exigence. Une exigence d’étude, d’audace, de durée, d’échelle. Le siècle que nous vivons et ceux qui viennent ne pardonneront pas aux peuples qui auront confondu la souveraineté avec le discours, le développement avec l’annonce, la démocratie avec l’émotion, l’intégration africaine avec les cérémonies. Il faudra maîtriser la science, l’intelligence artificielle, l’économie politique, les langues, les finances publiques, la diplomatie climatique, les données, les industries culturelles, la sécurité humaine. L’avenir ne sera pas offert aux héritiers distraits.

Frantz Fanon écrivait : « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir. » Cette phrase pourrait être placée au fronton de toute célébration wadeienne. Elle dit exactement ce que le centenaire doit devenir : non pas la contemplation d’une grande vie achevée, mais l’appel adressé à une génération qui doit trouver sa propre tâche.

Wade ne doit pas être présenté aux jeunes comme un modèle à reproduire. Les grandes figures ne se recopient pas. Elles ouvrent une brèche. Elles montrent que l’histoire, même dure, même injuste, même saturée d’obstacles, reste disponible à ceux qui savent unir pensée et volonté. La jeunesse n’a pas à devenir Wade. Elle doit devenir digne de l’époque que Wade lui a laissée en héritage.

C’est pourquoi la célébration du centenaire doit éviter le confort de la répétition. Elle ne doit pas seulement raconter Wade ; elle doit créer à partir de Wade. Elle doit produire des livres, des archives, des chaires universitaires, des concours d’idées, des laboratoires de politiques publiques, des programmes pour les jeunes, des dialogues africains sur l’État, l’intégration, l’écologie, les infrastructures, la souveraineté numérique. Le plus bel hommage rendu à un homme de vision ne consiste pas à multiplier les portraits. Il consiste à prolonger son énergie sous des formes nouvelles.

Il faut faire de ce centenaire une école temporaire de l’avenir. Que chaque jeune y rencontre non une nostalgie, mais une tâche. Que chaque responsable public y retrouve le sens de la durée. Que chaque intellectuel y voie l’obligation de ne pas laisser la décision publique sans pensée. Que chaque Africain y entende cette question : voulons-nous seulement survivre honorablement dans le siècle des autres, ou voulons-nous construire notre propre puissance historique ?

Wade n’a pas été un homme simple. Heureusement. Les hommes simples rassurent les mémoires paresseuses. Les hommes complexes obligent les peuples à devenir intelligents. Il a suscité l’adhésion et la contradiction. Il a connu la grandeur et l’excès, l’intuition fulgurante et les controverses du pouvoir. Mais il serait indigne de réduire une telle trajectoire à ses aspérités. Les nations adultes savent que l’histoire ne leur demande pas d’aimer sans discernement. Elle leur demande de comprendre avec hauteur.

Comprendre Wade avec hauteur, c’est voir qu’une ligne traverse toute sa vie : la volonté d’agrandir. Agrandir l’opposition jusqu’à l’alternance. Agrandir l’État jusqu’à la projection. Agrandir le Sénégal jusqu’à l’influence. Agrandir le développement jusqu’à la doctrine continentale. Agrandir le panafricanisme jusqu’à l’hypothèse fédérale. Agrandir l’écologie sahélienne jusqu’à la sécurité humaine. Agrandir, toujours, contre les habitudes qui rétrécissent les peuples.

Le centenaire de Maître Abdoulaye Wade ne doit donc pas être une révérence. Il doit être un réveil. Il doit rappeler que l’Afrique ne manque pas seulement de moyens ; elle manque parfois de permission intérieure. Permission de vouloir grand. Permission de penser long. Permission de contester les hiérarchies du monde. Permission de faire de ses jeunes non des bénéficiaires de programmes, mais des auteurs de civilisation.

À cent ans, Wade ne nous demande pas de le répéter. Il nous demande de nous élever. Maître Abdoulaye Wade n’est pas seulement l’homme qui a attendu son heure. Il est l’homme qui nous oblige à demander si nous sommes, nous aussi, à la hauteur de la nôtre. Son siècle ne se referme pas derrière nous. Il nous guide. Il nous oblige. Il nous apprend que le véritable hommage n’est pas de conserver une mémoire intacte, mais de transformer cette mémoire en puissance d’avenir. Et c’est peut-être là, au fond, la plus belle manière de célébrer Maître Abdoulaye Wade.

Dr Abdourahmane Ba
Président Think Tank FOYRE

Tags: 100 ansAbdoulaye WadeAbdourahmane BaCentenaireSiècle
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M. BOCCOUM

M. BOCCOUM

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