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AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE : L’AMS PLAIDE POUR LA GÉNÉRALISATION DES SCHÉMAS D’AMÉNAGEMENT ET LA SÉCURISATION FONCIÈRE

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octobre 24, 2026

Lors de l’atelier national de validation des guides méthodologiques des SCADT, des SDADT et de délimitation des communes, tenu le 22 octobre 2026, le maire de Latmingué, Dr Macoumba Diouf, a porté les principales préoccupations des élus locaux, appelant à une meilleure planification territoriale et à une sécurisation durable du foncier.

La planification territoriale et la sécurisation foncière occupent une place centrale dans les préoccupations des collectivités territoriales au Sénégal. C’est dans cette perspective que s’est tenu, le 22 octobre 2026, l’atelier national de validation des guides méthodologiques d’élaboration des Schémas communaux d’aménagement et de développement territoriaux (SCADT), des Schémas départementaux d’aménagement et de développement territoriaux (SDADT) et de délimitation des communes.

Présidée par le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Moussa Balla Fofana, cette rencontre a réuni plusieurs acteurs institutionnels, notamment la représentante pays de la GIZ, à travers le projet SEEN SUUF, le directeur général de l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (ANAT), des experts, ainsi que des représentants des organisations faîtières d’élus locaux, dont l’Association des maires du Sénégal (AMS), l’ADS et l’UAEL.

À cette occasion, le maire de Latmingué et président de la Commission décentralisation de l’AMS, Dr Macoumba Diouf, a représenté le président de l’association. Il a mis à profit cette tribune pour réaffirmer l’adhésion des élus locaux à la validation politique de ces outils de planification, tout en soulignant la nécessité de leur donner une portée opérationnelle à l’échelle nationale.

Seulement 14 communes disposent d’un SCADT

Au nom des maires, Dr Macoumba Diouf a insisté sur le retard enregistré dans la généralisation des Schémas communaux d’aménagement et de développement territoriaux. Selon les chiffres qu’il a avancés, seules 14 des 558 communes du Sénégal disposent actuellement d’un SCADT, soit environ 2,5 % des collectivités concernées.

Face à cette situation, il a plaidé pour la généralisation de ces documents de planification à l’ensemble des communes du pays. Pour lui, la mise à disposition de guides méthodologiques harmonisés doit permettre de renforcer la cohérence des politiques d’aménagement, d’améliorer la gestion de l’espace et d’accompagner les collectivités territoriales dans leurs stratégies de développement.

Le maire de Latmingué a également appelé à la mise en place d’un modèle économique viable, fondé sur la mutualisation des partenaires intervenant dans chaque commune. À ce titre, il a cité le modèle de Médina Yoro Foulah comme une référence susceptible d’inspirer les mécanismes de financement à développer.

Une convention AMS-ANAT pour corriger les incohérences territoriales

Au-delà de la validation des guides, le représentant de l’AMS a préconisé l’élaboration et la mise en œuvre diligente d’une convention entre l’Association des maires du Sénégal et l’ANAT. Cette coopération devrait notamment porter sur la correction des incohérences territoriales et sur les modalités pratiques de généralisation des SCADT.

La question des conflits fonciers entre collectivités a également occupé une place importante dans ses propositions. Dr Macoumba Diouf a notamment recommandé la mise en place d’une phase d’arbitrage conduite par l’ANAT pour les litiges fonciers intercommunaux qui n’ont pas trouvé de solution au sein des comités départementaux.

Dans la même dynamique, il a appelé les organisations faîtières d’élus à unir leurs efforts autour d’un mémorandum conjoint destiné à plaider pour la signature, par le président de la République, du décret relatif aux limites des communes, ainsi que pour la mise en place d’un programme national de délimitation territoriale.

Le PROCASEF au cœur de la sécurisation foncière

Autre priorité soulevée lors de cette rencontre : la sécurisation foncière. Le maire de Latmingué a plaidé pour l’élaboration d’un programme national permettant d’étendre le Projet de cadastre et de sécurisation foncière (PROCASEF) aux 420 communes qui, selon lui, ne sont pas encore couvertes.

Il a ainsi rappelé que la délimitation précise des territoires constitue un préalable essentiel à l’application effective des outils d’aménagement. En effet, les SCADT et les SDADT ne peuvent produire pleinement leurs effets que sur des territoires dont les limites sont clairement établies et reconnues.

Dr Macoumba Diouf a par ailleurs souligné l’expérience des communes de Latmingué et de Keur Mboucki, qui ont accueilli la phase pilote des projets SEEN SUUF et PROCASEF. Les résultats obtenus dans ces territoires servent aujourd’hui de base à une dynamique de mise à l’échelle nationale.

À travers ces différentes propositions, le président de la Commission décentralisation de l’AMS entend placer les collectivités territoriales au cœur de la gouvernance foncière et de la planification du développement. L’enjeu est désormais de transformer la validation des guides méthodologiques en actions concrètes, afin de promouvoir un aménagement territorial plus cohérent, une meilleure prévention des conflits et une sécurisation durable du foncier au Sénégal.