Originaires du Sénégal, Alynar et Fodé NDAO ont construit deux parcours complémentaires autour du karaté, de la performance sportive et de la transmission. L’un s’est illustré comme athlète de haut niveau avant de devenir arbitre mondial, tandis que l’autre, vice-champion du monde et dirigeant sportif, s’investit dans la formation des champions et la médiation sociale. Au-delà des distinctions et des titres, les deux frères partagent une même conviction : le sport est une école de discipline, de respect, de dépassement de soi et de paix.
Le karaté occupe une place particulière dans l’histoire de la famille NDAO. Pour Alynar et Fodé, cette discipline ne représente pas seulement une activité sportive, mais un véritable mode de vie, construit autour de valeurs fondamentales que sont le courage, la persévérance, la maîtrise de soi et le respect de l’autre. Ayant grandi au Sénégal dans l’univers des arts martiaux, les deux frères ont très tôt développé une passion commune pour le tatami.
Leur parcours les a conduits à évoluer dans le milieu du karaté de haut niveau, avec des trajectoires différentes mais profondément complémentaires.
Fodé NDAO s’est notamment distingué par un palmarès sportif remarquable. Vice-champion du monde, plusieurs fois champion du Sénégal et champion d’Afrique, il a porté les couleurs de son pays dans les grandes compétitions internationales. Son expérience du haut niveau lui a permis de construire une expertise dans l’encadrement technique, la préparation mentale et la formation des athlètes.
Installé en France, il dirige le Club Sauvegarde de Besançon, une structure qui accueille et accompagne des sportifs de différents horizons. Son action ne se limite pas à la recherche de résultats compétitifs. Il entend également faire du club un espace d’éducation, d’insertion et de cohésion sociale, particulièrement auprès des jeunes issus des quartiers populaires.
À travers les activités sportives, les animations de proximité et les initiatives citoyennes, Fodé NDAO défend une conception du sport qui favorise le dialogue, le vivre-ensemble et le rapprochement entre les populations et les institutions. Les actions menées à Besançon, notamment autour de la jeunesse et de la médiation sociale, illustrent cette volonté de mettre les compétences sportives au service de l’intérêt collectif.
Alynar NDAO, de son côté, a également construit un parcours dans le karaté de haut niveau. Ancien athlète, champion d’Afrique et désormais arbitre mondial de karaté, il poursuit son engagement dans cette discipline en contribuant à son développement et à son rayonnement. Son évolution vers l’arbitrage international témoigne d’une volonté de rester au service du sport, même après la carrière de compétiteur.
Son rôle dans l’arbitrage et le coaching participe à la transmission des valeurs et des exigences du karaté. Il contribue également à la visibilité du Sénégal dans les instances et les compétitions internationales.
La complémentarité des deux frères se manifeste ainsi dans leurs responsabilités respectives : Fodé dans l’encadrement, la formation et l’engagement social, Alynar dans l’arbitrage, la transmission et la promotion du karaté. Leur fraternité constitue un lien fort entre deux expériences qui se rejoignent autour d’une même ambition : faire grandir les générations futures par le sport.
Cette dimension humaine s’est notamment illustrée lors de la remise de la Médaille d’Athlète pour la Paix à Fodé NDAO, le 1er mars 2024. À cette occasion, il a tenu à saluer le soutien de son frère Alynar, qu’il a présenté comme une personne importante dans son parcours. Cette reconnaissance souligne également la place qu’occupe la fraternité dans leur engagement commun.
Au-delà de leurs performances et de leurs responsabilités, les deux frères défendent une philosophie de vie fondée sur l’effort et la résilience. Deux maximes résument cette vision : « L’homme est un apprenti, la douleur est son maître » et « Nul ne peut se connaître tant qu’il n’a pas souffert ». Ces paroles traduisent une conception de l’existence dans laquelle les épreuves deviennent des occasions d’apprentissage, de construction personnelle et de dépassement de soi.
Pour Alynar et Fodé NDAO, le champion ne se mesure donc pas uniquement à ses médailles ou à ses victoires. Sa véritable grandeur se révèle aussi dans sa capacité à transmettre son expérience, à accompagner les autres et à contribuer à l’épanouissement de la jeunesse.
Leur parcours rappelle finalement que le karaté est bien plus qu’un sport de combat. C’est une école de vie, un outil d’éducation et un langage universel capable de rapprocher les peuples. À travers leurs engagements respectifs, Alynar et Fodé NDAO portent une même ambition : faire du sport un vecteur de respect, de fraternité et de paix, tout en contribuant au rayonnement du Sénégal au-delà de ses frontières.
Par Assane Diop
